À LA UNE

Yves Jasmin

Vous souvenez-vous de la série Mad Men?

Cette fiction nous plongeait dans l’industrie de la publicité des années 60, au cœur d’une société bien différente d’aujourd’hui…

Comment oublier Dan Draper, Peggy, Roger Sterling et Pete Campbell – des personnages si riches!

Revenons maintenant à la réalité. Durant cette même période – au Québec tout comme en Amérique et en Europe – l’industrie des communications connaissait un essor fulgurant. On nous appelait déjà des «relationnistes» et certains décrivaient nos fonctions comme étant des «relations extérieures».

Yves Jasmin
SOURCE : RADIO-CANADA

Regardez cette photo : on croirait qu’il s’agit de Dan Draper ou de l’un de ses collègues. Mais non, c’est Yves Jasmin qui réfléchit.

Qui ?

Grand manitou des communications d’Expo 67, Yves Jasmin est sans contredit l’un de ceux qui ont le plus contribué – durant les années 60 et par la suite – au rayonnement international de Montréal.

YVES JASMIN A PERMIS À LA FONCTION-CONSEIL DES RELATIONS PUBLIQUES D’EXISTER, PUIS D’OCCUPER UNE PLACE GRANDISSANTE DANS LES ORGANISATIONS PRIVÉES ET PUBLIQUES.

Monsieur Jasmin vient de nous quitter, cette semaine, à l’âge de 97 ans.

Une carrière remarquable

D’abord Lieutenant d’infanterie dans les Forces canadiennes, puis cinéaste à l’ONF et journaliste, il passe ensuite du côté des relations publiques – notamment chez Molson et Ford Canada.

En 1964, Yves Jasmin plonge dans un défi professionnel qui a de quoi faire rêver tous les communicateurs de cette époque, et ceux et celles d’aujourd’hui : assumer la gestion des communications, de la promotion et de la publicité d’Expo 67.

Afin de faire rayonner l’Expo 67 et Montréal dans de nombreux marchés du Québec, du Canada et dans les nombreux pays du monde qui y avaient un kiosque, M. Jasmin a été responsable d’un budget plus qu’impressionnant pour l’époque : 22 millions$. En tenant compte d’une inflation de 762% depuis 52 ans, ceci représente 189 millions$ en argent de 2019!

Par la suite, M. Jasmin a été vice-président des relations publiques à Air Canada, puis consultant en relations publiques – un domaine dans lequel il excellait si bien qu’il reçut en 1967 la plus grande distinction remise par la Public Relations Society of America (PRSA) : le Gold Anvil Award.

Savoir d’où l’on vient…

En 1963, Yves Jasmin est intervenu publiquement à titre de président auprès des membres anglophones de la Société canadienne des relations publiques afin qu’ils fassent preuve d’ouverture envers les professionnels francophones du pays. Ce débat demeure d’actualité, en 2019, au sein de la SQPRP et de la SCRP.

Graduellement, à partir des années 60, quelques Québécois sont allés étudier les relations publiques à l’étranger – parce que c’était impossible au Québec – notamment Michel Dumas et Yves Dupré. Et, dans les années 70, le cabinet de relations publiques National a vu le jour, à l’instigation de Luc Beauregard et quelques collègues.

Depuis, de nombreux hommes et femmes ont fait honneur à notre profession en contribuant à la faire évoluer, toujours sur la base d’une éthique irréprochable – je pense notamment à Yves St-Amand, Josette Massy, Guy Sarazin, Francine La Haye, Marcel Barthe, Dominique Dionne, Matthieu Sauvé, Guy Versailles, Hélène Gagnon, Daniel Matte et Mylène Forget.

Je suggère qu’à l’occasion de la prochaine soirée des Prix Excellence de la SQPRP, en décembre prochain, un hommage soit rendu à ce bâtisseur. Parce qu’Yves Jasmin constitue, en quelque sorte, le premier des dominos, celui qui a donné l’élan à une profession en santé et très dynamique!

Inscription à l’infolettre

Nous publions des articles chaque semaine au sujet de l’actualité. Restez informé en vous inscrivant à notre liste d’envoi.