La Trudeaumanie, de P.E.T. à Justin

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Depuis le début de cette campagne électorale, il est évident qu’il n’y a pas de « Harpermanie ». Ni de « Mulcairmanie » ou de « Duceppemanie ». Et encore moins de « Maymanie » !

Mais celui qui souffre le plus de l’absence d’une « manie » – c’est-à-dire d’une véritable excitation envers sa personne – c’est Justin Trudeau… puisque l’expression « Trudeaumanie »  a été créée grâce au phénomène d’attraction qu’exerçait son père !

Rappel des faits.

Le dimanche 7 avril 1968, Pierre-Elliott Trudeau remportait, au quatrième tour de scrutin, la course au leadership du Parti libéral du Canada (PLC). Il devenait du même coup premier ministre du pays, succédant à Lester B. Pearson qui, le 14 décembre 1967, avait annoncé sa démission.

C’était le début de la « Trudeaumanie » au Canada.

 

Source : www.essb.qc.ca

 

À 49 ans, Pierre-Eliott  Trudeau étaitun homme  charismatique et…  célibataire !

 À travers une foule  d’hommes politiques  ternes,

 il fut le premier à  adopter un profil de  « rock star ».

 

L’ancien ministre de la Justice sous Lester-B. Pearson – qui a légalisé le divorce et décriminalisé l’avortement et l’homosexualité – considérait que « l’État n’a rien à faire dans les chambres à coucher de la nation ».

L’histoire retient que P.E.T. (ses initiales amusaient les Cyniques et d’autres humoristes et pourfendeurs) n’a laissé personne indifférent : certains continuent de le vénérer – ce sur quoi « surfe » son fils Justin – alors que sa politique énergétique et ses positions visant à circonscrire le Québec à un rôle de simple province, notamment, ont laissé de mauvaises impressions un peu partout à travers le Canada.

Mais peu importe : la « Trudeaumanie » permet de distinguer deux facettes du Premier ministre du Canada, entre 1968 et 1984 : le politicien et l’homme.

 

Comment débute une « manie » ?

Lorsque survient une « manie », c’est la personne – homme ou femme – qui prend toute la scène.

Trudeau a été le premier homme politique au Canada à sortir des sentiers battus, à l’époque de la télé et des quotidiens en noir et blanc…

Homme coloré et hors-normes – issu d’une famille riche, il était plutôt de gauche au début de sa carrière – il adorait faire parler de lui :

  • Globe & Mail
    Source : The Globe & Mail

    il prenait le volant de sa décapotable et ses gardes du corps partaient à ses trousses !

  • il était toujours accompagné de femmes ravissantes, portant toujours une rose à sa boutonnière !
  • il a fait une pirouette devant la Reine Élisabeth… et bien d’autres choses !
  • à 52 ans, il épousa Margaret St-Clair, alors âgée de… 23 ans
  • tout comme John-F. Kennedy, il a joué à fond la carte de sa charmante famille… jusqu’à son divorce et même par la suite.

Rien de cela n’a à voir avec des projets de loi !

Source : www.archives-expopd.uqam.ca
Source : www.archives-expopd.uqam.ca

Bref, c’est un ensemble d’ingrédients – selon une recette qui n’est jamais identique – qui fait que, très rarement, naît une « manie ». Et, comme le font les grands chefs, il ne faut pas trop brasser les ingrédients… mais plutôt laisser la nature émerger !

Il y  toujours un dénominateur commun entre les « manies » : les gens se projettent dans cette personne. Ainsi, beaucoup d’hommes auraient voulu mener la vie de rock star de Trudeau… et bien des femmes souhaitaient être à son bras !

 

Une « manie », c’est un coup de foudre

d’une population envers une personnalité.

Hier, ce n’était pas le cas et

soudainement… c’est la folie !

Rappelez-vous la « Laytonmanie »…

 

Comment est née la « Laytonmanie » ?

Bien des experts s’accordent à dire que « LE » moment déclencheur de la « Laytonmanie » au Québec, en 2011, fut son passage à l’émission Tout le monde en parle.

Pourtant, ce n’était pas le premier passage du « bon Jack » sur ce plateau… Mais, ce soir-là, il y eut une décharge électrique ! Pendant le reste de la campagne, les gens se bousculaient pour pouvoir assister aux discours de l’homme à la canne !

 

Justin a beau essayer fort…

S’il y a un chef politique canadien qui s’est trouvé aux premières loges pour apprendre d’un « maître », c’est bien Justin Trudeau.

httpi.huffpost.com
Source : httpi.huffpost.com

Pourtant, il a beau essayer fort… il n’y a pas de « Justinmanie ».

Omniprésent dans les médias traditionnels – et sociaux, qui n’existaient pas au temps de son père – avec sa famille ou en faisant de la boxe, prenant des bébés dans ses bras et répétant qu’il est en politique pour aider la classe moyenne : de toute évidence, le courant ne passe pas.

Et, malgré la très longue campagne électorale, il reste très peu de temps au chef libéral et à son entourage pour parvenir à créer une « Trudeaumanie 2.0 »…

 

Aux États-Unis, en 2004…

Chez nos voisins du sud, il aura fallu un seul discours de Barack Obama, lors de la convention démocrate de 2004 – quatre avant de se lancer à l’assaut de la Maison Blanche – pour que débute une « Obamania ».

Aujourd’hui, tous ensemble, prions à genoux pour que ne naisse pas une véritable « Trumpmania »…

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