Réputation : doit-on s’excuser ?

Source : papitibi.wordpress.com
Source : papitibi.wordpress.com

 

Quel est le dénominateur entre Rob Ford, Ron MacLean, Donald Sterling et Jeremy Searle ?

 

Ces individus en vue dans la société

préféreraient se faire arracher une dent à froid

plutôt que de s’excuser.

 

Rappel des faits :

 

  • excès répétés d’alcool, consommation de drogues illégales, propos à connotation sexuelle, conseillère municipale bousculée, etc. : avant de se rendre en cure de désintoxication jeudi dernier, Rob Ford ne s’est jamais s’excusé sincèrement ;

 

  • le commentateur Ron MacLean, de Hockey Night In Canada, qui a fait un lien entre les origines francophones de quelques arbitres de la LNH et une possible sensibilité envers le Canadien, s’est excusé du bout des lèvres, mais son mentor Don Cherry a déclaré qu’il avait eu raison !

 

  • devenu multimillionnaire grâce aux athlètes de race noire, et notamment ceux de son équipe des Clippers de Los Angeles de la NBA, Donald Sterling a été coincé à cause d’un enregistrement avec son ancienne petite amie. Et plutôt que de s’excuser, il regrette… de ne pas avoir acheté son silence !

 

  • et comme une pièce de théâtre en trois actes dans lequel le conseiller municipal montréalais Jeremy Searle  s’est donné le rôle principal :

 

    • d’abord, il a comparé l’agrile du frêne au séparatisme 
    • ensuite, sous diverses pressions, M. Searle s’est finalement excusé du bout des lèvres… deux semaines plus tard !
    • et en pleine séance du conseil municipal, M. Searle s’en est pris à Denis Coderre – qui exigeait des excuses de sa part depuis plusieurs jours – suggérant que le maire avait « des problèmes au cerveau »

 

Les petites fuites du jardin secret…

 

Ma grand-mère disait ceci : « Toute vérité n’est pas bonne à dire ». Or, MM. Ford, MacLean, Sterling et Searle ont osé dire « leur vérité », c’est-à-dire le fond de leur pensée.

 

Ainsi, au cours des derniers jours, nous avons eu droit à des petites fuites provenant de leurs jardins secrets :

 

  • « Je n’ai pas de problème de consommation, je ne fais que m’amuser (…) C’est normal d’être attiré par les belles femmes »

 

  • « Les arbitres francophones se retrouvent dans des situations intenables lorsqu’ils officient à Montréal »

 

  • «Tu peux coucher avec des [gens noirs]. Tu peux les amener avec toi, tu peux faire ce que tu veux. Le peu que je te demande, c’est de ne pas en faire la promotion… et de ne pas les amener à mes matchs»

 

  • « L’agrile du frêne fait moins de dégâts que les séparatistes ».

 

Les propos à caractère raciste, sexuel, religieux et politique existent depuis toujours. Mais ce qui est relativement nouveau, c’est que les personnalités publiques doivent maintenant tenir compte deux facteurs de plus en plus importants :

 

  • la médiatisation d’à peu près toutes leurs respirations sur toutes sortes de plateforme traditionnelles et sociales ;

 

  • les réactions « épidermiques » grandissantes d’intolérance que provoquent toutes sortes de propos – même les plus anodins en apparence.

 

Pourquoi s’excuser ?

 

Dans une société toujours plus « politically correct », MM. Ford, MacLean, Sterling et Searle ont commis ce qui est devenu impardonnable – dire tout haut ce qu’ils pensent – en poussant l’exercice jusqu’au bout, c’est-à-dire en assumant leurs propos et en refusant de s’excuser sincèrement.

 

Au fil des décennies, beaucoup d’avocats se sont positionnés auprès des dirigeants en insistant sur une « nécessaire discrétion » sur la place publique. Combien de fois ai-je croisé des avocats qui tentaient de convaincre mes clients de ne pas s’excuser – ce qui est à leurs yeux un aveu de faiblesse ?

 

À l’opposé, les communicateurs – dont je fais partie – insistent continuellement sur l’importance de la présence et de l’authenticité.

 

S’excuser demeure une action responsable et nécessaire

… à la seule condition de croire vraiment

ce que l’on affirme.

Sinon, il vaut mieux se taire

et assumer de subir les conséquences.

 

Jusqu’ici dans ma carrière, je ne compte plus les occasions où j’ai aidé des individus et des dirigeants d’organisations à reconnaître leurs erreurs auprès de différents publics. Et ce fut toujours de bonnes décisions qui leur ont permis de tourner la page sur des erreurs malheureuses… assumées.

 

À l’opposé, il y a « l’indéfendable »,

c’est-à-dire prendre position en faveur

d’une décision ou d’un enjeu qui va à l’encontre

de nos propres valeurs.

 

Je me souviens d’avoir refusé un mandat très payant qui ne cadrait pas avec mes valeurs : c’était vers 1995, soit peu de temps après la création de mon entreprise de consultation. Aussi, il y a quelques années, j’ai mis fin à un important mandat avec un client dont les pratiques étiques m’indisposaient. Dans les deux cas, mon comptable m’a grondé… mais moi, j’ai toujours bien dormi !

 

Au cours des derniers jours, c’est Ron MacLean qui s’en est sorti le mieux. Lui-même arbitre dans ses temps libres, il a nuancé ses propos. Et puisqu’il n’est pas le plus controversé des personnages publics, ses commentaires malheureux – quoiqu’en dise Don Cherry – sont derrière lui.

 

Ford, Sterling et Searle n’ont pas donné

le début du commencement d’une illusion

d’un repenti sincère.

C’est pour cela que j’aurais refusé de les appuyer.

 

Qu’en pensez-vous ?

 

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