Pauline Marois : trois belles-mères et un fantôme…

Un vieux dicton dit : « Qui prend mari prend pays ». Et il me semble que celui-ci pourrait très bien illustrer la réalité du Parti Québécois : « Qui veut bâtir un pays avec le PQ doit s’accommoder de ses nombreuses belles-mères ».

 

Ce sont les journalistes politiques de la colline parlementaire à Québec qui, depuis le départ de René Lévesque, en 1985, surnomment « belles-mères », les anciens chefs du Parti Québécois qui commentent les uns après les autres, différents sujets d’actualité.

 

Chez les libéraux, Robert Bourassa  s’était imposé un devoir de réserve absolu en 1994, ce qui a sans doute incité ses successeurs Daniel Johnson et Jean Charest  à faire de même. Pierre Marc Johnson – pourtant un ancien chef péquiste – est aussi lui aussi retourné rapidement à la vie privée pour de bon.

 

Chez les péquistes, l’ADN est différent : il est tout-à-fait naturel de causer avant, pendant et après !

 

Prenons comme exemple le récent projet de Charte québécoise des valeurs.

 

Il était aussi prévisible que la chute automnale des feuilles que les trois « belles-mères » de Mme Marois – Jacques Parizeau, Bernard Landry et Lucien Bouchard – allaient prendre la parole au sujet de la Charte (j’exclue André Boisclair qui, peu importe la situation qu’il vit actuellement, ne s’est jamais positionné ainsi).

 

Différents types de « belles-mères »

 

Tour à tour, dans ce qui donnait l’impression d’une séquence orchestrée – ce qui aurait été peu probable parce qu’ils ne semblent pas être les meilleurs amis – MM. Parizeau, Bouchard et Landry ont pris la parole ou la plume.

 

Il est intéressant d’observer qu’il n’y a pas de « moule belle-mère » au PQ, chacun l’étant selon sa personnalité…

 

Les coups de canon de « Monsieur »

Pariseau
Source:Wikipédia

 

 

 

 

 

 

 

Jacques Parizeau est sans contredit la plus influente « belle-mère » au Parti Québécois. Ses interventions sont aussi rares que percutantes !

 

Cet ancien Premier ministre du Québec a beau être à la retraite depuis près de 20 ans (au lendemain de la défaite du référendum de 1995 mené par son gouvernement), il est demeuré une personnalité publique qui répond occasionnellement aux demandes d’entrevues. Et quand il considère que ce n’est pas suffisant pour incommoder les gouvernements péquistes – ce qui semble l’amuser – il prend les devants et se fait organiser un carnet d’entrevues !

 

Au fil du temps, « Monsieur » – il était surnommé ainsi lorsqu’il était l’omnipuissant ministre des Finances sous René Lévesque – est devenu très prévisible, et ce, tant pour les médias que pour les stratèges politiques : lorsqu’un enjeu d’affaires publiques prend de l’importance dans l’actualité, il va de soi qu’il se prononcera. Les médias le savent très bien et ils tirent profit de la situation.

 

Les coups de semonce de Bouchard

Lucien Bouchard
Source: Renaud-Bray.com/Lettre à un jeune politicien

 

 

 

 

 

 

 

 

Les interventions publiques de Lucien Bouchard sont plus rares encore que celles de « Monsieur ». Depuis qu’il a quitté la vie publique, on pourrait probablement compter sur les doigts d’une seule main, les occasions où il est intervenu à titre de simple citoyen.

 

L’un des plus grands fans de Marcel Proust a généralement une approche « tape-sur-les-doigts » qui fait toujours réagir les péquistes « purs et durs » qui ne l’ont jamais véritablement considéré comme étant l’un des leurs.

 

Contrairement à celles de Jacques Parizeau, les interventions publiques de Lucien Bouchard sont difficiles à prévoir, et font généralement l’objet d’entrevues exclusives : il se prononce une seule fois et hop !, c’est terminé. Ce fut le cas dans La Presse, le 4 octobre dernier.

 

Mais, tout comme celles de « Monsieur »,  elles provoquent à coup sûr, un grand effet dans les médias.

 

La plus récente sortie de M. Bouchard a eu d’autant plus de poids que, pour une rare fois, il appuyait les propos de M. Parizeau !

 

La nostalgie de Landry

Bernard Landry
Source: Assemblée nationale du Québec

 

 

 

 

 

 

 

C’est un fait connu : tout comme Jacques Parizeau, Bernard Landry a raté sa sortie publique, en 2005. 

 

Et depuis, il donne l’impression d’être nostalgique de l’époque où il était omniprésent dans les médias. Alors, il cherche à commenter sur une base régulière, une foule de sujets qui font la manchette – ce qu’il parvient à faire assez souvent, avec des propos réfléchis et inspirants; c’était notamment le cas à l’émission Tout le monde en parle, dimanche dernier.

 

Bernard Landry n’est pas le type de « belle-mère » qui se met le nez, à l’occasion, dans les affaires de la famille. Il donne plutôt l’impression d’aimer téléphoner pour savoir tout ce qui se passe et donner son opinion… à tous les jours !

 

… et le fantôme de René Lévesque

Source:Assemblée nationale du Québec
Source:Assemblée nationale du Québec

 

 

 

 

 

 

 

Même s’il est décédé il y a plus de 25 ans, le spectre de René Lévesque revient continuellement dans les débats entourant le PQ. Un peu comme un fantôme….

 

Plusieurs politiciens et commentateurs essaient en effet d’imaginer ce qu’aurait pensé de tel ou tel enjeu, celui qui était surnommé « Ti-poil ». Ainsi, dans l’actuel débat sur la Charte, le chef du PLQ, Philippe Couillard , a mené le bal en affirmant que le PQ trahissait les valeurs d’ouverture et d’inclusion de René Lévesque. Toujours selon M. Couillard, la charte aurait déplu au « grand démocrate » qu’était M. Lévesque .

 

Mme Marois, pendant ce temps…

 

Alors qu’ils monopolisent les médias, Mme Marois qualifie ses prédécesseurs de « simples citoyens ». Un tel commentaire de sa part a de quoi surprendre…

 

Elle qui connaît pourtant si bien les entrailles du PQ, il me semble qu’elle gagnerait à consulter ses « belles-mères » AVANT de prendre position sur des enjeux majeurs de société.

Quelques mots différents ou quelques phrases retouchées pourraient limiter l’impact des sorties de ses « belles-mères »…

 

Imaginons la scène, autour de thé et de petits biscuits !

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