Mirador et la vraie vie

Source : seriesplus.com

C’était à prévoir : les premiers épisodes de la troisième et dernière saison de Mirador ont plu à des journalistes : « Ça reste gros et efficace », selon le Journal de Montréal, et « Vif et moderne » selon La Presse.

Efficace, vif et moderne, Mirador ?

Oui, si vous aimez suivre des histoires qui ne tiennent pas la route, mais que d’excellents comédiens tels Gilles Renaud – qui crève l’écran – Nathalie Coupal et Geneviève Rochette parviennent à rendre tout de même captivantes.

 

Efficace, Mirador ?

Non, si vous voulez en connaître davantage

à propos d’une profession qui joue un rôle-clé

dans notre société.

 

Rappelez-vous les plus importantes téléséries des dernières années : les arrestations dans 19-2 étaient crédibles, et les opérations complexes dans Trauma, aussi. Mais, Mirador, ça n’a rien à voir avec la vraie vie !

 

Une véritable fiction pour des cotes d’écoute

Tant dans les saisons 1 et 2 que dans « l’ultime » qui a pris l’affiche, hier soir, à l’antenne de Sériesplus, nous sommes plus qu’en pleine fiction : nous sommes dans l’invraisemblable, et ce, de la première à la dernière seconde.

J’ai eu beau chercher des ressemblances avec mes très nombreux collègues du secteur de la consultation, je n’en ai trouvé aucun qui aurait pu dire ceci :

 

« J’ai en fourré du monde, j’ai menti tant que j’ai pu ! »

 

Je n’en connais pas qui insultent des avocates en cour, ni qui rabrouent des journalistes.

Consultant dans des cabinets de relations publiques depuis 1987, j’ai travaillé avec de véritables professionnels chez Optimum et BDDS avant de créer, en 1994, DIRECTION Communications stratégiques. Je suis l’un des membres fondateurs de l’Alliance des cabinets de relations publiques du Québec où, depuis 1997, je côtoie des collègues qui dirigent des cabinets très différents les uns des autres. Mais, partout, la rigueur et l’éthique guident les meilleures pratiques.

Pour s’en assurer : à tous les trois ans, les cabinets membres de l’ACRPQ doivent souscrire au processus d’évaluation « A+ », en plus de respecter continuellement un code d’éthique.

Je peux vous assurer d’une chose : tous les cabinets membres de l’ACRPQ doivent leurs succès à l’éthique et aux meilleures pratiques.

 

Une stratégie axée sur… le mensonge

Dans Mirador, l’essentiel des deux premiers épisodes porte sur une situation de crise très mal gérée : un ex-joueur de hockey abandonne son père à l’urgence d’un hôpital et celui-ci, désespéré, brise une fenêtre et se jette dans le vide.

Mirador est le cabinet de relations publiques appelé à la rescousse. Afin de redorer comme par miracle la réputation de l’hôpital, l’associé principal de Mirador, Philippe Racine (Patrick Labbé) et les membres de son équipe tarabiscotent une stratégie – sans aucune réflexion – qui repose sur de faux comptes Facebook et Twitter impliquant des personnes âgées – des comptes créés au sein même du cabinet !

 

Si l’un de mes employés me proposait une telle stratégie,

il quitterait notre équipe sur le champ !

 

Détail à souligner : ce même Philippe Racine qui, depuis la première année de Mirador, vogue d’une stratégie tordue et non éthique à une autre, est tellement apprécié par son association professionnelle qu’on lui remet un trophée !

Bon, tout n’est pas perdu : Chantal ne crie plus… Et elle a remplacé les communiqués qu’elle écrivait sans arrêt par des tweets.

Mais, il faut être très attentif si l’on veut entendre la seule mention de la notion d’acceptabilité sociale. Et ce n’est pas l’endroit si vous voulez en apprendre sur l’éthique…

Finalement, on peut se demander s’il est nécessaire de fausser la vraie nature d’une profession comme celle des relations publiques, et ce, simplement pour soutenir un suspense qui retiendra l’auditoire. Vraiment, l’éthique commande de faire autrement…

Source : Radio-Canada.ca
Source : Radio-Canada.ca

P.S. Mon plus beau souvenir de Mirador aura été diffusé… à l’extérieur de la télésérie : c’est la délicieuse parodie de Marc Labrèche !

3 commentaire(s)

  1. Michele Bazin 2 années auparavant

    Je ne sais pas pourquoi tu t’en fais comme ça! Car s’ils avaient fait comme ça se passe dans la réalité, personne n’écouterait! Ruptures,
    Mensonges, Unité 9, etc même Monsieur le
    Ministre que j’ai moi-même écrit avec Solange
    jouait dans l’exagération! 19/2 la police c’est
    Évident que ça pouvait ressembler à la vraie
    vie mais les cas sont déjà des shows! Nous,
    les rp jamais vu un cas show!

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  2. Marie-Josée Nantel 2 années auparavant

    Je suis pas mal d’accord avec votre texte. Toutefois, l’épisode dont vous parlez s’inspire presque (!) d’un cas réél dont Patrick Lagacé avait parlé dans La Presse en 2009: http://www.lapresse.ca/debats/chroniques/patrick-lagace/200905/11/01-855539-bixi-blogue-et-bullshit.php

    Le problème, pour moi, ce n’est pas tant qu’on en fasse un episode, ça demeure de la fiction. Ce qui est plus risqué, c’est qu’on en fasse une généralisation. Et comme dans tout dans la vie, je pense que certaines personnes sont plus aptes que d’autres à faire la part des choses.

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  3. Richard Leblanc 2 années auparavant

    C’est juste de la TV Pierre, juste de la TV. D’ailleurs, pour 19-2, peut-être que les arrestations avaient de l’allure (et encore…). Mais il faut que tu saches que cette série est tout aussi loin de la réalité policière que Mirador peut l’être de notre travail. Mais c’est juste de la TV…..

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