Les multiplateformes, pour s’indigner à tout âge

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En lisant le mot « indignation », quelle image vous vient tout d’abord en tête : les carrés rouges ? Occupy Wall Street? La radio de Québec ?

C’est le décès de Stéphane Frédéric Hessel, à l’origine du plus récent mouvement d’indignation quasi international Occupy, qui m’a fait réfléchir à l’indignation chez nous. Et à ceux et celles qui s’indignent pour des raisons bien différentes, en profitant – et en maîtrisant de plus en plus – les multiplateformes.

J’ai choisi quatre indignés : Stéphane Frédéric Hessel, Yan England, Gilles Proulx et Gabriel Nadeau-Dubois.

Stéphane Frédéric Hessel : indigné jusqu’à son dernier souffle…

Stéphane Frédéric Hessel
Source : canadians.org

 À la fois diplomate, ambassadeur, résistant, écrivain et militant politique français, Stéphane Frédéric Hessel a une feuille de route qui renverse, tellement elle est riche et marquée par un sens de l’engagement – et de l’indignation ! – hors du commun.

Jusqu’à son dernier souffle, il aura été « Monsieur indignation » pour bien des gens des quatre coins du globe. 

Toutefois, je suis convaincu qu’une grande majorité des apôtres du mouvement Occupy ne connait même pas son nom…

Voici ce que disait récemment à son sujet le blogueur Sébastien Barangé : @SBarange

« Il avait 95 ans, mais le discours de celui qui a vendu 4 millions de son petit livre « Indignez-vous » avait tout de la jeunesse, de l’intelligence et de la confiance en l’Homme. (…) Il fait partie des esprits éclairés qui ont défendu l’idée d’une culture accessible pour tous et non assujettie aux règles du libre-échange.  En écrivant les quelques pages de son manifeste « Indignez-vous! », Stéphane Hessel a revisité en 2010 le Programme du Conseil National de la Résistance et a constaté comment, des décennies plus tard, ce programme a marqué plusieurs politiques sociales, économiques et culturelles. » 

Yan England : omniprésent, polyvalent et touchant

Yan England
Source : www.agenceduchesne.com

 Ces temps-ci, il est bien difficile de ne pas être exposé à la voix, à l’image ou à la plume d’Yan England…  puisqu’il est, à la fois, animateur à CKOI, et à VRAK TV, comédien dans trois téléséries (Trauma,  Yamaska et Une grenade avec ça ) et finaliste aux Oscars pour le court-métrage Henri !

Ce qui est fascinant, c’est que la carrière de ce touche-à-tout est propulsée à la fois par les médias traditionnels et sociaux.

En effet : bien que les téléséries dans lesquelles Yan England se distingue aient été conçues pour la télévision dite « traditionnelle », elles peuvent toutes être écoutées ou réécoutées sur des plateformes de rediffusion telles tou.tv et Illico. Même chose pour la radio : CKOI diffuse avec une antenne – comme c’est le cas depuis l’invention de la radio du début du XXe siècle – mais elle rejoint de plus en plus d’auditeurs via différentes plateformes telles les ordinateurs fixes et mobiles et les téléphones intelligents.

Yan England prête sa voix pour s’indigner contre la maladie qui lui a volé son grand-père.

Et pour ce qui est du formidable film Henri, inspiré de la vie du grand-père de Yan England : avouez que c’est une véritable « folie » que de se lancer dans la création et la réalisation d’un court-métrage… mais il a eu le culot de le faire ! D’ailleurs, toutes les formes d’art, dont le cinéma, sont depuis toujours de formidables plateformes pour l’indignation !

Ce n’est évidemment pas dans des salles de cinéma que le film Henri a été surtout vu, mais grâce à Radio-Canada et à tou.tv, sans oublier l’immense rayonnement viral dont il a fait l’objet.  

Gilles Proulx continue de réinventer la radio

Gilles Proulx
Source : Canoe.ca

Gilles Proulx  est un véritable « monument de la radio » québécoise. Sa carrière spectaculaire, qui s’étale sur au moins 50 ans, est parsemée de records de cotes d’écoute et de contributions significatives : il a écrit de nombreux livres, dont quatre sur la radio, et il a longtemps enseigné dans quelques universités et des écoles privées québécoises et à l’étranger. Jai adoré l’avoir comme prof !

Les mots « indignation » et « provocation » collent à la peau de Gilles Proulx comme… des pics à un porc-épic ! Parfois malade ou fatigué, il a quitté les ondes pour mieux y revenir, jusqu’en 2008. Il prend maintenant la plume pour signer des chroniques dans le Journal de Montréal.

Mais ça ne lui suffisait pas : tel un chat, Gilles Proulx a droit à une nouvelle vie à la radio. 

Le Journal de Montréal vient de créer la toute première radio web québécoise issue d’une salle de nouvelles d’un quotidien.

Ainsi, le Journal de Montréal met en ondes une émission d’affaires publiques.– En allant sur http://www.journaldemontreal.com/radio le midi, il est possible d’écouter Gilles Proulx et ses invités – les différents chroniqueurs du Journal – commenter l’actualité et… s’indigner à grands cris !

J’écoute maintenant Gabriel Nadeau-Dubois

Gabriel Nadeau-Dubois
Source : canoe.ca

Comme tout le Québec, c’est à travers les médias que j’ai découvert, l’an dernier, Gabriel Nadeau-Dubois.               

Ma première réaction ? « Pas ca-pa-ble ! ». Je n’aimais ni ce qu’il disait, ni comment il le disait. (Il faut dire que lorsque quelqu’un débute une phrase par « J’exige », j’ai une barrière qui se ferme instantanément)…

Mais quelle ne fut pas ma surprise de « redécouvrir » Gabriel Nadeau-Dubois, récemment, en train de commenter l’actualité à la radio de Radio-Canada. Toujours aussi passionné – mais dans un rôle d’analyste qui lui convient très bien – GND contribuait à une réflexion de grande qualité avec des propos réfléchis, sur un ton posé. Même approche réussie avec Paul Houde, au 98,5 FM.

Je souhaite l’entendre plus souvent – afin d’avoir de nouvelles occasions d’écouter attentivement ce qu’il a à dire. 

Articulé et enflammé, GND ne laisse personne indifférent. Pourrait-il devenir le Pierre Bourgault du XXIe siècle ?

Et vous, quelles sont les personnes qui s’indignent et vous impressionnent ?

P.S. Bien sûr, les multiplateformes ne servent pas qu’à s’indigner ! Dans un registre qui lui va comme un gant, Véronique Cloutier  – déjà à la radio (Rythme FM) et à la télévision (Radio-Canada), sur son propre site internet et Twitter – sera en plus, cet automne, à Canal Vie en plus de devenir la muse de TC avec le nouveau magazine VÉRO.

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