Les deux « effets Accurso » dans l’actualité

Accurso
Source: La Presse.ca

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’homme d’affaires Anthony Accurso vient (enfin !) de prendre la parole à la commission Charbonneau et, par extension, dans les médias.

 

Instantanément, le paysage médiatique québécois a changé puisque l’arrivée de M. Accurso a eu deux effets :

 

M. Accurso aurait dominé l’actualité par sa seule présence.

Mais il a choisi de se présenter, en plus, sous son meilleur jour.

 

Jusqu’ici, nous n’avions eu droit qu’à quelques images de fuite d’un palais de justice, et à aucun mot. Pourtant, il est question de M. Accurso dans les médias québécois depuis… 2009 !

 

En effet : entre 2009 et 2013, le nom de M. Accurso a fait l’objet de 6 445 mentions dans les journaux (quotidiens et hebdos) et sites web au Québec. C’est trois fois plus que la couverture attribuée en moyenne aux artistes les plus populaires !

 

Et uniquement durant les huit premiers mois de 2014 (du 1er janvier au 31 août dernier), il fut question de M. Accurso à la radio, à la télévision et dans les journaux et sites web au Québec à 8 915 reprises (à titre de comparaison : la Vice-Première ministre Lise Thériault a été mentionnée 5 315 fois…).

 

Du 1er au 7 septembre inclusivement, le mot Accurso s’est retrouvé dans 2 190 retombées de presse.

 

Le bateau le plus célèbre du Québec !

 

C’est grâce à son bateau – et bien malgré sa volonté – que M. Accurso, un homme d’affaires aussi puissant que discret, s’est retrouvé dans l’actualité à l’automne de 2009.

 

Parallèlement aux révélations de l’émission Enquête à la télévision de Radio-Canada, c’est le journaliste Fabrice De Pierrebourg  (maintenant à La Presse) qui, durant le lock-out du Journal de Montréal, avait sorti un « scoop » dans le quotidien en ligne RueFrontenac.com  : le colistier de Louise Harel à la mairie de Montréal, Benoit Labonté, avait séjourné sur le « Touch » de monsieur Accurso.

 

Voici l’hyperlien vers cette nouvelle qui a eu l’effet d’un premier domino qui tombe…

 

À la suite de ces révélations, M. Labonté – en pleine campagne électorale – s’est retiré de la course.

 

Pour l’équipe de lock-outés qui produisait Rue Frontenac avec les moyens du bord, c’est une histoire qui a amené beaucoup de lecteurs et une grande crédibilité : ce « scoop » a été repris dans tous les médias !

 

L’effet de l’attention…

 

Du jour au lendemain, M. Accurso est devenu une personnalité publique bien malgré lui… C’est ce qui explique pourquoi ce sont toujours les mêmes (rares) photos de lui qui circulaient dans les médias. Jusqu’à mardi dernier.

 

Depuis mardi dernier, c’est sans surprise que

M. Accurso est devenu LE sujet le plus médiatisé au Québec.

 

Cette situation était prévisible. Tellement prévisible, d’ailleurs, qu’elle a pu influencer certaines organisations à en profiter pour annoncer de mauvaises nouvelles en douce…

 

Ici aussi, nous pouvons parler de l’effet domino : M. Accurso occupant la première place dans l’actualité, le sujet suivant est décalé, le suivant aussi, etc. Et certains de moindre importance ne sont pas diffusés.

 

Question : est-ce un hasard si l’entreprise Résolu a annoncé la fermeture de son usine de Shawinigan et la mise à pied de 275 travailleurs… mardi dernier ?

 

 

… et l’effet du charme !

 

Accurso
Source : CBC.ca

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce sur quoi tous les analystes et observateurs s’entendaient, c’est que la juge France Charbonneau et ses collègues auraient toutes les misères du monde à faire dire à monsieur Accurso ce qu’il ne voulait pas dire….

 

L’effet de surprise est venu de l’attitude de M. Accurso qui, comme le dit le dicton, a choisi de faire contre mauvaise fortune bon cœur.

 

Une fois confronté à l’obligation légale de témoigner,

M. Accurso a conservé ses réflexes d’entrepreneur

…habitué à imposer ses propres règles !

 

Bronzé et aminci, M. Accurso a brillamment pris le contrôle du « temps d’antenne » que lui offre la commission Charbonneau pour se présenter sous son meilleur jour. 

 

Très bien préparé par des avocats – et sans doute aussi par des communicateurs – M. Accurso est parvenu à placer habilement ses messages à cet important « tribunal de l’opinion publique » que constitue la commission Charbonneau. 

 

Dès les premiers instants de sa comparution, M. Accurso s’est positionné comme un fier Québécois qui a reçu de l’État québécois, et qui a aussi beaucoup redonné. Peut-on l’en blâmer ?

 

Chose certaine : M. Accurso était – et demeurera – un personnage très controversé. Mais alors qu’il faisait continuellement l’objet d’une couverture de presse négative depuis plusieurs années, voilà que depuis mardi dernier, le vent a tourné rapidement… du moins en partie.

 

D’une part, il y a l’analyse factuelle que brossent les médias, et qui demeure très dure à son endroit. Prenons l’exemple de La Presse + du 4 septembre dernier , où il est question de ses liens avec le clan Rizzuto. Selon notre outil d’évaluation des médias mesure-d, cette retombée vaut à elle seule un déficit de réputation de -13 160 $ à M. Accurso.

 

D’autre part, il y a tous ces extraits à la télévision où l’on voit M. Accurso souriant et se voulant chaleureux… Et que dire de la chroniqueuse Denise Bombardier, littéralement tombée sous le charme de M. Accurso ?

 

Dans le Journal de Montréal de jeudi dernier, Mme Bombardier est littéralement séduite par l’homme d’affaires et… par l’homme ! Cette chronique a généré à elle seule un gain de réputation de 19 635 $ pour M. Accurso.

 

Accurso, acte III

 

Acte I : après avoir fui comme la peste la place publique et les médias, M. Accurso a été contraint à s’y trouver.

 

Acte II : il a choisi de s’y imposer.

 

Acte III : après avoir salué pour la dernière fois la juge Charbonneau, les commissaires et les journalistes qui le talonnent à la Commission d’enquête sur l’octroi et la gestion des contrats publics dans l’industrie de la construction, il y a fort à parier qu’il retournera dans ses terres. Pour de bon.

 

Qu’en pensez-vous ?

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