Le sexe et les relations publiques

Source : cheznectarine.c.h.pic.center
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Si je vous demandais de me donner le titre de l’une des chroniques signées par Yves Boisvert dans La Presse au cours des dernières semaines, il y a de bonnes chances que ce soit celui du 29 octobre dernier : Le sexe et les relations publiques. Vous l’avez retenu parce qu’il s’agit d’un titre très accrocheur !

 

Ce titre s’est retrouvé à la une. Et sur huit colonnes au-dessus de la chronique d’Yves Boisvert – un analyse que je trouve brillant, cultivé et bien informé, et doté d’une formidable plume.

 

Là où le bât blesse, c’est ici :

Yves Boisvert et bon nombre de journalistes et d’analystes

ne peuvent résister à la tentation, à tout moment,

d’associer les relations publiques à

ce qui va de travers dans notre société !

Ce faisant, ils déforment la réalité.

 

Boisvert parlait de la poursuite de 50 millions $ que l’ex-animateur vedette à la radio de CBC, Jian Ghomeshi, a intenté contre son ancien employeur.

 

Voici un extrait du début de cette chronique :

« Il y a une sorte de règle non écrite concernant les poursuites en diffamation.  Plus la somme réclamée est élevée, moins elles contiennent de droit et plus elles contiennent de relations publiques ». 

 

J’ai lu, relu et relu encore. Pour en arriver qu’à une seule malheureuse conclusion possible : Boisvert associe vraiment la faiblesse de la réclamation de Ghomeshi… aux relations publiques !

 

Source: Radio-Canada.ca
Source: Radio-Canada.ca

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Dans la même veine : à l’émission Tout le monde en parle, dimanche dernier, le professeur Normand Baillargeon, de l’UQAM, a lui aussi confondu les genres en qualifiant de « campagnes de relations publiques », de véritables activités de propagande…

 

Alors, à quoi correspondent donc les relations publiques aux yeux de MM. Boisvert, Baillargeon et autres tenants de cette règle « non écrite » : à un écran de fumée ? à une manière de cacher la vérité ? à une forme d’intimidation ? à du tape-à-l’œil superficiel ? à de la propagande ?

 

M. Baillargeon déplore que les firmes de relations publiques veuillent influencer l’opinion publique. Or, que fait-il, lui, sur le plateau de Guy-A. Lepage, si ce n’est de faire valoir ses points de vue ?

 

Le « PR Bashing » fait vendre !

 

Le « PR Bashing » – soit l’action consistant à déformer sciemment le sens de la véritable fonction conseil des relations publiques et à atténuer sa pertinence dans notre société – existe depuis plusieurs décennies.

S’il ne s’agissait que d’une activité anodine lorsque des journalistes et des profs prennent un verre, ce serait sans conséquence. Mais avec le temps, c’est devenu une façon de ridiculiser le travail de milliers de professionnels québécois de tous les âges, qui travaillent dans tous les milieux.

 

À voir l’importance que les médias accordent

aux définitions déformées et caricaturées des relations publiques,

c’est à croire que c’est payant pour eux…

 

Une définition sérieuse… à retenir !

 

À l’opposé de ce qui excite bien des gens dans les médias, voici la véritable définition des relations publiques, telle que rédigée par Terry Flynn, Fran Gregory et Jean Valin et officialisée en 2008 par la Société canadienne des relations publiques  :

« la gestion des relations entre une organisation et ses divers publics par l’entremise de la communication, afin d’atteindre une compréhension mutuelle, de réaliser les objectifs organisationnels et de servir l’intérêt public. »

Partant de là, voici comment Yves Boisvert aurait dû formuler son affirmation :

« Plus la somme réclamée est élevée, moins elles contiennent de droit et plus elles contiennent du tape-à-l’œil superficiel ». 

 

Évidemment, cela aurait forcé le chroniqueur à abandonner son titre initial « Sexe et relations publiques », qui avouons-le, est fort attrayant… mais trompeur !

 

Qu’en pensez-vous ?

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3 commentaire(s)

  1. Michel Lacaille 5 années auparavant

    Tu as raison Pierre, il ne faut pas confondre le métier des Relations Publique (gestions des relations et communications) avec le plus vieux métier du monde (gestions des pulsions).

    Gérer des situations avec la méthode des Spin Docteur ce n’est pas des relations publiques c’est de la propagande. Même si la mafia maintient l’ordre et sécurise des établissements de restaurations, elle ne représente pas les forces de l’ordre et la démocratie.

    Pour un professionnel de la communication, l’éthique est essentiel.

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  2. Louise Fleischmann 5 années auparavant

    Pierre – Tu as tout à fait raison! Et que dire des propos Rémi Trudel (dernière séquence aujourd’hui 18 nov.) du Club des Ex! Vraiment, où a-t-il été depuis 100 ans? Sur Mars? À écouter… Difficile d’être plus naïf, ou dirais-je, avoir si pu de connaissances.

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  3. Chantal Carrère-Cuny 5 années auparavant

    Bonjour de France où nous connaissons un phénomène similaire : le com’ bashing.

    « C’est de la com' » est devenu un leitmotiv, chaque fois qu’un homme politique, un dirigeant est soupçonné de chercher à bâtir un écran de fumée.
    La com’ est devenue -pour nombre de journalistes- synonyme de manipulation…

    Merci de cet article qui, sans être une consolation, nous fait sentir moins isolés… !
    Les communicants doivent apprendre à mieux communiquer sur leur métier, leurs valeurs, leur éthique…
    Mais les cordonniers…

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