Le Prince Charles, Ubisoft et la créativité en relations publiques

 

Source : wpmedia.o.canada.com
Source : Wpmedia.o.canada.com

 

Les relations publiques, c’est une profession qui n’est pas toujours bien comprise – et notamment parce que les limites entre les relations publiques, le marketing et la publicité sont de moins en moins définies et pas suffisamment expliquées.

 

« Les relations publiques consistent en

la gestion des relations entre

une organisation et ses divers publics

par l’entremise de la communication,

afin d’atteindre une compréhension mutuelle,

d’atteindre les objectifs organisationnels et

de servir l’intérêt public ».

 

Mais encore aujourd’hui, les journalistes se font souvent un malin plaisir à surnommer « opérations de relations publiques », les déclarations vides de sens ou carrément indéfendables, sans oublier les mises en scène de mauvais goût.

 

Prenons trois exemples : la récente visite du Prince Charles et de Camilla au Canada  , l’effet boomerang d’une opération de presse orchestrée par la chanteuse Anick Jean et une fausse bombe qui vient d’exploser au visage d’Ubisoft. 

 

Les sourires forcés du couple royal…

Nous venons d’assister à des mises en scène médiocres réunissant pourtant des gens remplis de bonne volonté pour accueillir des dignitaires – un peu comme le font des villages entiers lorsque l’équipe de La Petite séduction  arrive chez eux. Mais contrairement aux nombreuses émotions que suscitent Dany Turcotte et ses complices, on a plutôt eu droit à de multiples sourires forcés de la part du couple royal…

 

Et pour cause ! Même si son horaire avait été réglé au quart de tour et qu’il avait sans aucun doute été approuvé par son entourage, on peut imaginer l’inconfort du Prince Charles…

Source : calgaryherald.com
Source : calgaryherald.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En complet/cravate, il doit frapper de toutes ses forces avec un maillet rudimentaire…

 

Source : Winnipeg.ctvnews.ca
Source : Winnipeg.ctvnews.ca

 

Tiré à quatre épingles, il doit nourrir des animaux féroces…

 

Source : Huffintonpost.ca
Source : Huffintonpost.ca

 

 

 

 

 

 

 Le plaisir partagé à lancer des avions en papier est très évident…

 

Est-ce plus édifiant que les « fruits et légumes humains » qui l’accueillent dans des costumes de mauvaise qualité…

 

En 2014, dans un pays qui se targue d’être

synonyme d’innovation et de créativité,

c’est tout ce que l’on est parvenu à créer comme

événements très médiatisés à travers le Canada et à l’étranger ?

 

L’effet boomerang d’Anick Jean…

 

Si des actions de visibilité peuvent être aussi ennuyantes que peu efficaces, que dire des excès de créativité qui peuvent amener des journalistes à téléphoner aux policiers ou à… l’escouade anti-explosifs !

 

En janvier 2013, alors qu’elle s’apprêtait à lancer son album Schizophrène, la chanteuse Anick Jean a elle-même créé et réalisé un concept pour attirer l’attention : des envois anonymes (« teaser ») aux journalistes – dans lesquels des lettres de journal découpées et collées formaient les mots «Minable» et «Je n’arrêterai pas».

 

Une décision assumée totalement, et qu’elle a prise pour attirer l’attention des stations de radio en particulier. « Jamais personne n’en aurait parlé, sinon », déclarait alors la chanteuse.

 

Or, certains destinataires ont vraiment cru à ces lettres de menaces, dont le journaliste Sylvain Cormier, du Devoir, qui a alerté les policiers. D’autres, comme l’animateur Sylvain Ménard du 98,5, ont exigé des excuses, qui ne sont pas venues.

 

« C’est un coup de théâtre que j’ai fait. On fait des arts, je ne suis pas comptable », s’est défendue Anik Jean, qui soutenait que ces lettres n’avaient rien de menaçant.

 

… et les fausses bombes d’Ubisoft !

 

Source: Journaldugamer
Source: Journaldugamer

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La semaine dernière, alors qu’elle voulait attirer l’attention sur son tout dernier jeu Watch Dogs, la multinationale Ubisoft a plutôt réussi… à déclencher la panique au centre-ville de Sydney, en Australie.

 

Voici ce qu’a écrit à ce sujet Thomas Mongin, assistant attaché à l’agence française Oxygen :

 

« On ne peut pas trop en vouloir à ce journaliste australien du site Ninemsn. Qu’est-ce que vous auriez fait si vous aviez reçu une boîte noire en métal suspecte affublée d’un digicode et accompagnée d’une lettre vous disant « d’écouter votre messagerie vocale » ?

 

Il y avait un code sur le haut de l’objet. Qu’auriez-vous fait si, après avoir tapé ce code, la boîte se mettait à émettre des bips franchement bizarres et que, de surcroît, la boîte refuse de s’ouvrir ?

 

La possibilité que ce soit un explosif vous aurait forcément traversé l’esprit, non ? Eh bien, en tout cas elle a traversé l’esprit de ce journaliste. Il a logiquement appelé la brigade de déminage qui a déplacé l’objet dans le sous-sol du bâtiment pour des raisons de sécurité.

 

Après avoir forcé ce petit coffre, la police y a trouvé une copie de Watch_Dogs, divers goodies et un petit message indiquant la date de levée d’embargo pour le test.

 

Hal Crawford, un des journalistes de Ninemsn, pense évidemment que l’équipe de relations presse est allée trop loin.

 

La ligne jaune a clairement été franchie dans ce qu’il est possible pour une entreprise de relations presse d’envoyer de manière anonyme à une rédaction. »

 

Ce qu’il faut retenir…

 

Peu importe l’activité de relations de presse qui est sous notre responsabilité, il faut savoir faire preuve d’une grande créativité. Mais…

 

Il faut savoir s’arrêter

– surtout durant les sessions de « remue-méninges »

les plus animées –

lorsque les signaux de dérapage scintillent !

 

Qu’en pensez-vous ?

 

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