Le Pape François à la Chambre de commerce ?

Source : Elle.fr
Source : Elle.fr

 

Après avoir accueilli notamment Nicolas Sarkozy, Bill Clinton, George Bush et Hilary Clinton à sa tribune, imaginons un instant que la Chambre de commerce du Montréal métropolitain aurait comme invité le pape François…

 

J’y rêve pour une raison bien simple : le style de gestion  imposé par l’argentin Jorge Mario Bergoglio, devenu pape de l’Église catholique le 13 mars 2013, est innovateur.

 

En fait, il surprend à la fois avec ses messages et ses actions. Et même s’il ne fait pas l’unanimité auprès des ultraconservateurs et des réformateurs – on trouve trop lent ou trop brusque – il faut lui reconnaître une véritable volonté de changer les choses.

 

Le pape François donne

de très intéressantes leçons de réussite

aux gestionnaires et aux communicateurs.

 

Retour sur la « recette à succès » qu’il serait passionnant d’écouter aux tribunes de gens d’affaires :

 

  • Imposer son style

À peine la fumée blanche de son élection sortait-elle de la cheminée du Vatican qu’il a donné le ton.

 

Habillé plus sobrement que ses prédécesseurs, il n’a pas béni la foule réunie, mais il a plutôt demandé à celle-ci de le faire envers lui !

 

Puis, il est allé lui-même acquitter une facture d’hébergement, a refusé le chauffeur qui était désormais à sa disposition et a décidé qu’il n’habiterait pas dans les appartements papaux du Vatican.

 

  • Miser sur l’authenticité

Jorge Mario Bergoglio démontre que ce n’est pas la fonction qui crée le personnage : il a plutôt adaptée celle-ci à sa propre personnalité – ce qui est certainement la raison pour laquelle il a été élu par ses pairs.

 

Grâce à son approche naturelle des fidèles, il jouissait déjà d’une grande popularité. Sur les réseaux sociaux et dans les médias (élu personnalité de l’année 2013 par le magazine Time), le pape François séduit parce qu’il est vrai. Tout simplement.

 

  • Implanter sa propre philosophie de gestion

La popularité du pape ne masque pas la raison pour laquelle il a été élu : réformer certains dossiers cruciaux tels l’organisation de la Curie et les finances du Vatican.

 

Comme tout patron qui reçoit

un mandat d’un conseil d’administration,

le pape François remplit le sien

selon ses propres valeurs et sa personnalité.

 

Or, il n’est sans doute écrit nulle part dans sa description de tâches qu’il doit prendre des gens dans ses bras, lors de ses nombreux bains de foule, ni qu’il doit aller à la rencontre des laissés pour compte. Il agit ainsi parce qu’il est… Jorge Mario Bergoglio. Et qu’il assume pleinement ses décisions.

 

  • Revoir la mission, la vision et les valeurs

Le pape François ne transformera pas radicalement l’Église catholique – une institution conservatrice s’il en est une.

 

Mais il a été choisi pour redresser l’Église – ce qu’il fait selon son propre style de gestion. Plusieurs observateurs disent que le pape François est un homme qui décide, un Pape dans l’action.

 

François est comme un chef d’entreprise

qui travaille en mode projet :

il a un objectif et si, à un moment,

il rencontre un problème,

il le résout tout de suite.

 

Puis, le plus important consiste à concrétiser les beaux grands principes qu’il défend – c’est l’ultime test de la crédibilité pour tout gestionnaire.

 

Si le pontificat de Jean-Paul II aura été celui de la visibilité grâce à ses voyages à travers le monde, celui de Benoît XVI a été celui de l’identité, de la pensée profonde de l’Église. Depuis plus d’un an, le pontificat de François est bien différent : il mise sur l’évangélisation pour donner l’Église à sa véritable mission.

 

  • Prendre le temps d’observer son entourage

Comme tout dirigeant de haut niveau, le pape a eu la latitude nécessaire pour choisir ses proches collaborateurs et procéder à d’innombrables nominations, tant aux quatre coins de la planète qu’au Vatican.

 

Ainsi : après avoir maintenu en poste, à titre provisoire, tout le «gouvernement» de la Curie, il a procédé à des confirmations, des mutations et des nominations. Et ce, à un rythme lent qui a mis sur le gril plus d’un prélat incertain de son avenir…

 

Par exemple : la confirmation de Mgr Marc Ouellet à la tête de la Congrégation pour les évêques n’est survenue que neuf mois après l’élection du pape.

 

 

  • Partager orientations et plan d’action en moins de 100 jours

Les médias des quatre coins du globe ont observé le nouveau pape au début du mandat de son gouvernement – n’oublions pas que le pape est le chef d’un État – en s’inspirant des 100 jours de Napoléon. 

 

Qu’il s’agisse du Vatican, d’une grande organisation

ou d’une PME : il est essentiel que les orientations

et le plan d’action soient écrits clairement,

partagés et endossés.

 

Première priorité du pape François : la réforme de la Curie. Passant de la parole à l’action, il a créé un conseil de cardinaux – appelé C8. Puis, il a revu par deux fois les pouvoirs de l’autorité de l’information financière (une structure d’audit créée en 2010 par Benoît XVI). Ensuite, il a chargé deux commissions d’étudier l’administration du Saint Siège et de contrôler la Banque du Vatican.

 

De plus, il n’a pas hésité à faire appel à des cabinets extérieurs d‘experts pour des audits internes sur l’administration, les finances et la communication.

 

  • Aborder les enjeux sensibles d’une nouvelle façon

 

La gestion des enjeux sensibles est sans contredit

l’un des éléments-clés qui démarque

les excellents gestionnaires… des autres.

 

Or, s’il est un endroit où les enjeux sensibles sont nombreux et complexes, c’est bien au Vatican.

 

De tout temps, les divorcés, les homosexuels et les pédophiles ont été mis de côté. Et que dire des femmes, qui réclament depuis toujours des responsabilités égales à celles des hommes ?

 

En décembre dernier, dans le but d’améliorer la protection des enfants, le pape François a instauré une commission d’experts contre la pédophilie.  Pour ce qui est des divorcés remariés, le « Vatican reformulé » en est à l’étape de la conversation.

 

Quant à l’homosexualité, le pape François démontre de l’ouverture, mais… sans changer la doctrine de l’Église : il condamne l’homosexualité mais il accueille les homosexuels.

 

Ceux et celles qui ont pris l’habitude de me lire ne seront pas surpris de constater que j’apprécie en particulier les messages clés de François !

 

  • Être à la fois cohérent et ouvert

Un pape – comme tout gestionnaire – doit savoir naviguer à travers toutes sortes de situations prévisibles et… imprévisibles.

 

Pour son prochain voyage en Terre Sainte, le pape François sera accompagné d’un rabbin et d’un musulman. C’est la première fois que la délégation du Saint-Père comprendra des représentants d’autres religions. Il s’agit d’un choix personnel du pape, qui est très ouvert au dialogue inter-religions.

 

Chose certaine : François n’hésite pas à

fraterniser avec la concurrence !

 

Par contre, lorsque la compagnie Harley Davidson a profité de son 110e anniversaire pour lui offrir une moto en cadeau, le pape François n’était plus dans sa zone de confort…

 

Rapidement, il annonça que la moto serait mise aux enchères pour ses bonnes œuvres. Estimée à 15 000€, elle fut vendue pour la coquette somme de… 241 500€. C’est évidemment la dédicace du Pape qui a fait la différence ! 

 

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Et tant qu’à rêver…

 

J’adorerais écrire l’allocution du Pape François si, un jour, il s’amène à la tribune de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain !

 

Que pensez-vous du style de gestion du pape ?

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