Journalisme et communications: des professions qui évoluent

Source : L'Actualité

Un jour, la journaliste Marie-Claude Ducas a demandé à son chef de pupitre :

«Quelle est la meilleure relation possible qu’un journaliste devrait avoir avec les relationnistes?»

Réponse sans équivoque de ce dernier :

«Aucune relation.»

Que faut-il retenir de cette situation ?

Selon moi : alors que les technologies influencent de plus en plus les communications, les relations qu’entretiennent chacune des professions envers l’autre demeurent complexes.

Marie-Claude a raconté cette anecdote le 8 octobre dernier, dans le cadre d’un petit-déjeuner organisé par CNW.

Trois représentants des médias, soit Steve Faguy (@fagstein) de The Gazette , Hélène Roulot-Ganzmann (@roulotganzmann), pigiste, et Marie-Claude Ducas (@mducas), chroniqueure au Journal de Montréal, nous ont expliqué la réalité des journalistes en 2014. C’est Nadège Broustau (@nbroustau), professeure au département de communication sociale et publique de l’UQÀM, qui animait ce panel.

Deux professions en transformation

Une fois de plus, les journalistes présents ont regardé dans leur boule de cristal afin de voir s’il y avait un avenir pour les communiqués de presse et les conférences de presse.

Sans surprise, personne n’a pu garantir à ces deux façons de faire très traditionnelles – point de contact entre les deux professions, jour après jour depuis des décennies – un avenir assuré ou… un enterrement de première classe !

Communiqués de presse et conférences de presse : avenir assuré ou… enterrement?

Ce qui est très évident, c’est que le domaine des communications vit lui aussi des transformations aussi importantes que celui du journalisme.

Parmi les plus importants changements, j’observe ceux-ci :

  • les consommateurs d’informations deviennent eux-mêmes des diffuseurs. Relayer des nouvelles venant des médias traditionnels et sociaux est un jeu d’enfant !
  • les organisations créent elles-mêmes leur contenu et le diffusent, sans avoir toujours besoin des médias. À titre d’exemples : le Club de hockey Canadien  alimente sa propre plateforme de diffusion à l’intention de ses fans et DIRECTION Communications stratégiques a créé le blogue le plus lu au Québec portant sur les relations publiques.

Au-delà des technologies… l’humain

Même si toutes sortes d’outils technologiques nous permettent d’avoir accès à un maximum d’informations en temps réel, il demeure que c’est avec des humains que les communicateurs font affaire. C’est une « vraie personne » qui décidera si notre sujet mérite de faire l’objet d’un article dans le journal du lendemain…

La relation entre les journalistes et les communicateurs est depuis très longtemps un sujet tendu… Cela est bien clair dans le texte Frères ennemis, publié par Stéphane Baillargeon dans Le Devoir, le 4 octobre dernier.

Changement et contraintes

En conclusion : les relations entre les journalistes et les communicateurs pourraient-elles s’améliorer ?

Bien sûr que oui, mais… à condition qu’il y ait de la bonne volonté, de part et d’autre.

Les journalistes et les communicateurs doivent absolument s’ouvrir au changement et connaître les contraintes de l’autre.

Voici quatre trucs que j’ai appris depuis mon arrivée sur le marché du travail, et que les communicateurs de tout âge devraient avoir en tête avant d’entreprendre une démarche auprès d’un journaliste :

  • connaissez la réalité du média auquel vous vous adressez;
  • lisez les journalistes avec lesquels vous désirez communiquer;
  • ciblez les journalistes qui couvrent votre sujet;
  • soyez disponible et prêt à réagir rapidement.

Même si les technologies accélèrent nos façons de communiquer, c’est la façon dont vous allez présenter votre sujet qui est importante.

Nous n’avons généralement que quelques secondes pour transmettre notre demande de couverture de presse, que ce soit verbalement ou par écrit. Quelques secondes, c’est le temps de parcourir un seul étage en ascenseur : il faut être très clair et aller droit au but !

Encore en 2014, une certitude demeure : vous n’avez aucune garantie que votre sujet intéressera un journaliste… Cela contribue à rendre le travail des communicateurs à la fois complexe et rempli de défis stimulants !

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1 commentaire(s)

  1. Michel Pagé 4 années auparavant

    Essentiellement le contexte a changé. Auparavant, les journalistes et les communicateurs s’adressaient à une catégorie de gens, à travers des médias « limités » et sur des sujets suffisamment définis. Les gens pouvaient en parler quotidiennement entre eux et ce, jusqu’à ce qu’une ou des opinions émerge(nt) personnellement ou collectivement.

    L’évolution a débutée et personne n’a eu le temps ni les moyens pour s’adapter à ces nombreux changements. Tous ces nouveaux joueurs qui font face à de nouvelles règles « non encore définies » foncent tout « azimut », tentant de rejoindre un ou des interlocuteurs et de tenter de les influencer, via des médias »quasi illimités », afin de protéger et de promouvoir leurs valeurs.

    Malheureusement, toutes ces informations qui circulent ne permettent pas aux gens de se faire une idée bien à eux et d’en discuter avec d’autres personnes, afin de clarifier et de stabiliser les différents contextes dans lesquels les gens les saisissent et les comprennent.

    Le résultat est celui dans lequel nous vivons présentement; ce que l’on entend, que l’on voit ainsi que l’on lit, ça se passe à une très grande vitesse de consommation, pas assez de temps pour digérer ce qui a été absorbé … ça fini par créer des indigestions ou des « maladies » autant au « publique » qu’aux différents intervenants « journalistes » et « communicateurs » . Globalement on tente d’identifier des maladies avec des « noms » pour les reconnaître, mais les différents intervenants voient toutes les autres personnes, comme des « patients » alors que nous avons perdu nos « médecins » de la communication: Le gros « GBS » que les gens finissaient par reconnaître à force d’en parler entre eux, avec son cœur et avec sa tête!

    Maintenant, qui de nous peut reconnaître le journaliste ou le communicateur, sans avoir pris le temps nécessaire afin de bien digérer tout ce qu’il « avale » comme « information » et ce, dans un contexte où le temps nous dévore quotidiennement ? Plus nous allons préciser le rôle de chacun, plus nous allons aider les gens à se faire une « tête » de ce qu’ils dévorent et de mieux comprendre les enjeux des informations qui circulent ainsi que des scripteurs.

    Finalement, le journaliste et le communicateur font face à de nouvelles « peurs », dont les définitions de chacune des peurs se situent dans des contextes tellement différents, qu’il est présentement impossible de les reconnaître … Quand nous serons prêt à discuter des contextes particuliers de chacun de ces intervenants, nous en arriverons sans aucun doute à reconnaître ces différents besoins, dans notre Société et d’en assumer les contraintes/bienfaits qui y sont reliés.

    Michel

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