Jasmin Roy et l’impact des relations publiques

Partout à travers le monde – et particulièrement chez nous – les causes sociétales sont aussi nombreuses que valables. Mais la concurrence est de plus en plus vive… ce qui incite les organisations à rivaliser d’imagination, à grands coups d’actions de marketing et de relations publiques. Pour le meilleur et… pour le pire !

 

Pour le meilleur…

Depuis quelques années, Jasmin Roy a changé de métier : le comédien qui s’est fait connaître grâce au téléroman Chambres en ville  est devenu le porte-parole à temps plein d’un enjeu de société : l’intimidation, la discrimination et la violence envers les jeunes en milieu scolaire.

Et à l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant  qui a été décrétée par l’ONU, la Fondation Jasmin Roy  s’est démarquée en s’imposant dans l’actualité.

Ce que vient de réaliser la Fondation Jasmin Roy au fil du temps, c’est une excellente campagne de relations publiques !

 

 

Combiner les médias sociaux et traditionnels

Mercredi dernier, la Fondation Jasmin Roy a réussi un véritable « coup de maître » en diffusant à travers les médias sociaux, des témoignages de vedettes québécoises du sport, de la politique, de la musique et du petit écran : l’ancien Premier ministre Lucien Bouchard et l’athlète olympique Alexandre Bilodeau touchent droit au cœur, tout comme Guillaume Lemay-Thivierge et d’autres modèles auprès des jeunes, telles la comédienne Marie-Soleil Dion.

Il s’agit de personnalités de tous les âges et de tous les milieux qui rappellent que l’intimidation est un mal social avec des répercussions coûteuses à bien des égards pour notre société, notamment en matière de santé publique.

Évidemment, ce sont les médias sociaux qui conviennent le mieux à la diffusion gratuite de « clips », et l’impact a été fulgurant dès les premières heures. Mais, en constituant une brochette aussi variée de personnalités, il allait de soi que les médias traditionnels allaient accorder une importante couverture de presse à cette récente activité publique de la Fondation Jasmin Roy.

Tous les organismes sans but lucratif rêvent à une telle couverture de presse :

  • une présence très favorable dans les pages 1, 2 et 3 du Journal de Montréal;
  • pas moins de 239 reportages à la radio, à la télévision, dans les journaux et sur le Web en seulement deux jours (source : CEDROM-SNi).
  • Sur YouTube, la vidéo de Lucien Bouchard  a été visionnée plus de 7000 fois !

 [youtube]http://youtu.be/QGZGX_eyXlw[/youtube]

 

À lui seul, le reportage de TVA dans le bulletin de Sophie Thibault,  mercredi soir dernier, a généré selon l’outil mesure-d un gain de réputation de 24 000 $ pour la Fondation Jasmin Roy.

 En plus de plaire à la Fondation Jasmin Roy, une telle campagne de relations publiques doit certainement réjouir :

  • le gouvernement du Québec, qui n’a pas eu à débourser un sou pour obtenir une telle visibilité…sans doute souhaitée !
  • le gouvernement du Canada, qui a annoncé son projet de loi pour sévir contre la cyberintimidation dans un contexte très favorable au Québec.

 

 

Servir l’intérêt public

Selon la Société canadienne des relations publiques (SCRP), « les relations publiques consistent en la gestion des relations entre une organisation et ses divers publics par l’entremise de la communication, afin d’atteindre une compréhension mutuelle, de réaliser les objectifs organisationnels et de servir l’intérêt public ».

Eh bien ! C’est exactement ce que font Jasmin Roy et l’équipe qui l’entoure :

  • gestion des relations (autrement dit : planifier)
  • une organisation (l’individu motivé par un enjeu doit avoir la sagesse de s’entourer)
  • divers publics (cibler ceux et celles que l’on souhaite influencer)
  • compréhension mutuelle (plus que jamais à l’ère des médias sociaux, la conversation est fondamentale pour bien se comprendre)
  • objectifs organisationnels (déterminer un plan de match afin de définir ce que l’on souhaite atteindre)
  • servir l’intérêt public (réaliser ce qui est justifié, à l’ère de l’acceptabilité sociale).

 

 

La clé du succès pour une organisation sans but lucratif

Quand on s’arrête un moment, il est facile de comprendre pourquoi Jasmin Roy connaît autant de succès :

  • il est intelligent et articulé;
  • il est très crédible puisqu’il déplore l’intimidation dont il a été victime et qui existe encore – ce qu’il a répété mille et une fois en entrevue, en plus de publier le livre Osti de fif ;  
  • il assure une présence régulière dans les médias, à la fois en initiant des occasions de garder l’enjeu de l’intimidation dans l’actualité et en offrant une grande disponible pour les demandes d’entrevues;
  • il a un message constant : au-delà de la Loi, les écoles doivent compter sur des ressources pour sensibiliser les jeunes et faire cesser l’intimidation;
  • il est parvenu à éviter un gros piège : celui d’associer sa fondation à des campagnes de marketing qui n’ont pas de lien.

Pourtant – et aussi louable soit-il – l’enjeu de l’intimidation n’est pas le seul qui mérite que nos gouvernements et les médias y consacrent de l’attention. 

La clé du succès de Jasmin Roy,c’est d’avoir rendu l’enjeu de l’intimidation « incontournable » dans notre société.

 


et… pour le pire !

Je termine sur la pire association que j’ai vue à ce jour entre une cause sociétale et une marque : le cancer du sein et les barils du poulet frit du bon Colonel Sanders…

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1 commentaire(s)

  1. Michel Pagé 5 années auparavant

    Bonjour, je suis parfaitement en accord avec le texte publié ci-devant. Je vois un seul « bémol » : L’intimidation devrait être redéfinit. La raison principale de le redéfinir, c’est que si on veut enrayer un véritable problème, genre : « l’intimidation » il faut comprendre ce que c’est …, avant d’essayer de le démolir !

    La manifestation de l’intimidation provient de l’existence des « clans »… Il y a le clan-in et il y a le clan-out. La définition même du clan, c’est une sélection de membres suivi d’un rejet de tous les autres, qui ne sont pas inclus dans le clan en question … L’intimidation n’est qu’une manifestation exprimé contre les gens identifiés dans le clan-out… Malheureusement il y a beaucoup trop d’actions que l’on rattache à l’intimidation, qui n’en sont pas et ce, ça gâche la sauce et ça induit les gens en erreur et finalement ça peut créer un problème plus gros que le problème lui-même…

    Alors, si le véritable problème pouvait être identifié, suffisamment clarifié et communiqué, le sens même de l’esprit de clan, pourrait être dénoncé, démasqué et possiblement neutralisé.

    Bonne fin de journée,

    Michel

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