Jacques Parizeau, communicateur

Sources : Ordre national du Québec, meteopolitique.com, lapresse.ca, quebec.huffingtonpost.ca, nationalpostcom.files, ici.radio-canada.ca, ctvnews.ca

Depuis l’annonce de son décès, plusieurs facettes de Jacques Parizeau ont été mises en lumière : l’économiste, l’enseignant, le visionnaire, le haut fonctionnaire, l’homme d’état, le chef de parti, le militant, etc.

J’ai envie d’ajouter ma plume au concert d’hommages.

 

          « Monsieur » aura été

          le meilleur communicateur politique

          du Québec moderne.

 

Voici pourquoi :

 

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. Et les mots pour le dire arrivent aisément. »

L’adage de Boileau sied à merveille à M. Parizeau.

 

Non seulement parlait-il un français impeccable, mais il se distinguait avec la même aisance dans la langue de Shakespeare… accent british en plus ! Ceci est exceptionnel.

Une fois son objectif politique pour le Québec bien défini, M. Parizeau aura passé toute sa vie à en faire la promotion. Sans détours.

 

Pédagogue un jour…

Ces derniers jours, l’ancien chef d’Option nationale, Jean-Martin Aussant, racontait qu’il a eu l’occasion, au cours des derniers mois, de partager une table avec des gens venus de différents univers et « Monsieur ». Celui-ci s’est présenté ainsi : « Jacques Parizeau, enseignant ». C’est tout dire !

Le moins que l’on puisse dire, c’est que M. Parizeau aura été conséquent dans son approche pédagogique ! Et ce, tant avec ses étudiants qu’avec le grand public.

Le voici ici en 1973, à titre de candidat du PQ, crever l’écran à la télévision en démystifiant le budget du Québec.

 

 

Pour ce qui est de la présentation des budgets du gouvernement Lévesque, elle était toujours qualifiée de « spectaculaire »… même par ses adversaires !

 

          Parizeau utilisait en politique,

          les mêmes trucs avec lesquels,

          dans des nuages de fumée de Players,

          il impressionnait ses étudiants à HEC :

          faits, clarté et images.

 

« Comment dirais-je… »

Très conscient de l’attention dont il faisait continuellement l’objet – que ce soit avant, pendant ou après sa carrière politique – « Monsieur » maîtrisait à merveille, le rythme de ses déclarations.

Ainsi, il pouvait débiter ses propos avec vigueur, puis s’arrêter brusquement en disant : « Comment dirais-je… ». Il glissait alors, très doucement et en maniant à merveille les silences, l’essentiel de son propos.

Le résultat recherché était toujours atteint : M. Parizeau captait alors l’attention de ses différents publics… et faisait souvent ainsi la manchette dans les médias !

 

          À l’occasion, M. Parizeau surprenait

          en utilisant une expression de son cru,

          dont celle-ci : l’autopeluredebananisation.

 

C’est ce que rappelle le chroniqueur Simon Jodoin dans la plus récente édition de Voir.

 

Les meilleurs s’entourent… des meilleurs !

On raconte que M. Parizeau écrivait lui-même les discours de ses budgets. En fait, il est possible de croire que son équipe lui soumettait des projets de textes et qu’il y mettait sa touche.

Chose certaine, « Monsieur » s’est toujours entouré d’excellents stratèges et de communicateurs qui, avec un grand doigté, parvenaient à le faire réfléchir et parfois même à prendre des décisions contraires à celles envisagées – ce qui n’est pas peu dire, quand l’on travaille dans l’entourage d’un pareil personnage…

 

Si « Monsieur » pouvait trouver du temps pour se préparer…

Les lecteurs assidus de ce blogue connaissent ma « saine obsession » pour la préparation des interventions publiques.

Or, M. Parizeau était particulièrement sensible à la préparation de chacune de ses interventions. L’un de ses anciens adjoints m’a raconté qu’il réservait dans son agenda pourtant chargé, du temps pour préparer ses rencontres avec les journalistes des hebdomadaires de sa circonscription de L’Assomption.

Alors que d’autres élus improvisaient, « Monsieur » recourait à sa formule à succès : faits, clarté et images !

 

Viser la raison pour… toucher le coeur

C’est un fait : les charismatiques chefs René Lévesque, Lucien Bouchard et Jack Layton ont été très aimés, alors que le cérébral Jacques Parizeau aura été, de son vivant, respecté des Québécois.

Mais, force est de constater que, depuis quelques jours, les Québécois ont manifesté beaucoup d’affection à « Monsieur » !

0 commentaire(s)