Ghomeshi largué par son cabinet de relations publiques !

Ghomeshi
Source: CBC.ca

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Ce qui est rapidement devenu « L’Affaire Ghomeshi » confirme un fait : la vérité n’est pas toujours celle que nous laisse une première impression…

 

Prenons l’exemple du cabinet d’affaires publiques Navigator qui, quelques jours seulement après avoir accepté un mandat, y a mis un terme ! (Au fait, sur quels critères doit-on choisir et, exceptionnellement, larguer un client ? J’en parle un peu plus loin).

 

Voici les principaux faits de cette saga :

 

 

  • Durant le week-end – moment inhabituel pour procéder à un congédiement – CBC met discrètement un terme à sa relation avec le très populaire animateur de radio anglophone Jian Ghomeshi ;

 

  • Aussitôt, Ghomeshi passe à l’offensive en annonçant lui-même son congédiement et en intentant une poursuite de 50 millions $ au diffuseur public. Il commente sur sa page Facebook , affirmant qu’il pratique des activités sadomasochistes, mais que cela relève de sa vie privée ;

 

  • Ghomeshi embauche la firme de relations publiques Navigator pour l’appuyer ;

 

 

  • La CBC est muette dès le départ et le demeurera durant plusieurs jours ;

 

 

  • Une à une, plusieurs femmes – d’abord sous le couvert de l’anonymat, puis à visage découvert – affirment avoir été violentées par l’animateur vedette ; certaines avaient même déjà porté plainte à la police, d’autres l’ont fait ces derniers jours ;

 

 

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=QjDvjB3TvKo[/youtube]

 

  • Vendredi, CBC informe (finalement !) tous ses employés. On apprend que c’est après avoir vu une « preuve explicite » montrant une femme blessée physiquement par Jian Ghomeshi qu’elle a décidé de renvoyer son animateur vedette ;

 

 

  • Il y a désabonnement massif sur la page Facebook de l’animateur…

 

… et la saga va se poursuivre encore !

 

La face cachée de la lune

Full moon
Source: Telegraph.co.uk

 

 

 

 

 

 

 

 

À chaque fois que je rencontre des étudiants, je leur présente une photo de la lune et je leur demande de quoi il s’agit.

 

Et à chaque fois, j’obtiens la même réponse : « C’est une pleine lune ! ».

 

Je leur dis alors, un peu à la blague, que je me dois de m’excuser, au nom de leurs parents et de leurs enseignants. Parce que, depuis leur tout jeune âge, on leur a raconté un mensonge…

 

La pleine lune n’existe pas.

Ce que l’on voit, c’est 100 %…

d’une partie de la lune !

Cela influence grandement notre perception

de la réalité dans son ensemble.

 

« L’Affaire Ghomeshi » constitue une excellente démonstration de mon analogie avec la pleine lune, alors qu’il est très tentant de se forger une opinion à partir d’une seule portion de la réalité :

 

  • un employé, très médiatisé, est congédié et fonce – tel un char d’assaut ! – sur son ex-employeur avec une poursuite de 50 millions $. Évidemment, il se donne le beau rôle sur la page Facebook qu’il contrôle, sachant très bien que la CBC ne réagira pas rapidement…

 

  • et hop ! Cela suffit pour impressionner Monsieur et Madame Tout-le-Monde et l’inciter à commenter rapidement, dans un tourbillon…

 

  • mais, il y a plus important encore :

 

À chaque instant, des personnalités

voulant se montrer « cool et branchées »

se prononcent très rapidement dans les réseaux sociaux,

sans n’avoir fait aucune vérification.

Quel jugement ! 

 

 

Choisir des clients. Et choisir d’en larguer, parfois…

 

Les heures et les jours qui ont suivi « la déclaration canon » de Ghomeshi démontrent que :

  • ce n’est pas demain la veille que la réalité entière sera connue.
  • Ghomeshi n’a présenté qu’une seule facette de la réalité au grand public et au cabinet de relations publiques auquel il a fait appel.

 

C’est ce qui m’amène à énumérer les raisons qui motivent les cabinets de relations publiques à choisir leurs clients. Et celles d’en larguer, parfois…


Tout comme les organisations choisissent leurs partenaires,

les cabinets de relations publiques qui sont sérieux

choisissent leurs clients avec soin.

 

Voici les principales raisons de choisir un client :

  • les revenus (je n’essaierai pas de vous raconter des histoires…)
  • le défi professionnel
  • la complémentarité dans le porte-folio de clients
  • la réputation du client
  • les valeurs en commun
  • une percée dans une industrie attrayante

 

Et voici quelques raisons d’en larguer, à l’occasion :

  • une incompatibilité personnelle (relations désagréables…)
  • une incompatibilité professionnelle (mandats qui n’avancent pas…)
  • un conflit/incident de non-retour…
  • un « briefing » tronqué de la situation à défendre…
  • le non-respect des ententes financières
  • les pressions d’autres clients
  • les pressions des employés
  • une couverture de presse négative à propos de ce client…

 

Imaginez dans quelle situation s’est retrouvé le cabinet d’affaires publiques Navigator, dont l’un des dirigeants collaborait à des émissions de la CBC… Navigator avait accepté de défendre ce qui est rapidement devenu l’indéfendable… d’où son retrait.

 

La couverture de presse très négative à l’endroit de la firme est sans doute un élément-clé dans la décision de Navigator de larguer Ghomeshi. Mais ne négligeons pas l’impact des pressions qu’ont pu exercer d’autres clients et les employés…

 

Il m’est arrivé, à quelques occasions au cours des 20 dernières années, de larguer des clients. Tiens, ça m’inspire un prochain blogue !

 

Qu’en pensez-vous ?

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