Les 10 éléments qui font gagner ou perdre un débat…

Source : Toronto Sun

Ce jeudi, Stephen Harper, Thomas Mulcair, Justin Trudeau et Élisabeth May s’affronteront dans le cadre du deuxième débat des chefs de la campagne fédérale.

Au fil du temps, les débats sur les débats sont devenus de chauds sujets de discussion autour de la machine à café au travail et dans les Tim Hortons, le lendemain matin. Les vainqueurs des débats ont le momentum pour le reste de la campagne, alors que les perdants doivent rapidement corriger le tir s’ils espèrent l’emporter.

Réfugiés dans un endroit reclus avec leur garde rapprochée, les chefs ont préparé des attaques, anticipé des répliques et travaillé leur gestuelle. Ils se sont livrés, devant caméras, à des simulations avec des stratèges qui personnifient leurs adversaires… et leurs moindres gestes sont analysés par des spécialistes de l’image et corrigés (si possible !).

Cette semaine, nous vous présentons comment les stratèges politiques préparent leur chef en marge de l’évènement le plus médiatisé de la campagne.

 

Les 5 éléments déterminants qui font gagner un débat

L’allure générale des candidats

Les stratèges passent beaucoup de temps à façonner une image positive pour leur chef… et c’est encore plus important à l’ère des médias sociaux et de la télé HD, où les moindres détails pourraient influencer l’opinion publique.

Le non verbal contribue énormément

à l’image de « Premier ministrable »

que l’on se forge des candidats.

Un teint santé, des cheveux bien placés, des vêtements impeccables, un ton rassurant, une prestance au lutrin, une aisance à donner et à recevoir des coups, etc. Tout est pensé pour donner à l’électeur une impression de réconfort.

 

Les premières minutes

En ouverture, chaque candidat a généralement deux minutes pour passer son principal message : le changement, la stabilité économique, etc.

C’est véritablement au cours de ces précieux moments qu’il faut créer le moment « WOW » : Wow, il est meilleur que je le pensais…  Wow, je suis sûr de mon choix… ou Wow, il me fait réfléchir.

La somme de ces interventions et les consignes de l’animateur font au plus 15 minutes, et c’est généralement après cette première portion que les cotes d’écoute chutent. D’où l’importance d’éviter les « Ouash… non merci ! »

 

La maîtrise du contenu…

Malgré tous les enjeux liés à l’apparence, le public demeure à la recherche de la personne qui fera le meilleur élu, c’est-à-dire qui gérera le mieux les enjeux de société.

Comme vous avez déjà lu dans ce blogue, la maîtrise « parfaite » d’un contenu n’existe pas. Il est préférable de viser une maîtrise idéale ! Puisque les candidats ne disposent que de quelques secondes à la fois pour présenter leurs idées, ils ne peuvent pas passer outre la préparation de leurs messages-clés pour bien vulgariser le contenu et marquer l’imaginaire des gens.

 

…Pour asséner le punch qui fait K.O.!

Comme dans un combat de boxe, on détermine le vainqueur d’un débat comme étant celui qui a le mieux fait passer ses idées, ou encore, celui qui a envoyé la phrase assassine!

Source : CBC News
Source : CBC News

Pensez au « You had a choice, sir » de Brian Mulroney, à propos des nominations partisanes du chef libéral, John Turner, pour récompenser des amis de Trudeau père. Non seulement l’affirmation était claire, mais M. Mulroney regardait son adversaire droit dans les yeux en le pointant du doigt.

Cette phrase assassine a fait trébucher M. Turner dès le début du débat, et elle a grandement contribué à l’amener dans l’opposition officielle !

 

La recherche de tous les détails, jusqu’à 19 h 55…

Généralement, les débats débutent à 20 h 00. Or, il est absolument essentiel que les recherchistes travaillent sans relâche, et ce, jusqu’au moment où leur chef quittera sa loge pour gagner le studio.

Landry Charest
Source : Le Devoir

En 2003, le Premier ministre Bernard Landry a trébuché lors d’un échange avec le chef libéral Jean Charest, lorsque celui-ci lui lança au visage une déclaration controversée de son prédécesseur, Jacques Parizeau, recueillie la journée même à Shawinigan. Or, personne dans l’entourage de M. Landry n’avait vu cette histoire passer…

 

À lire : les 5 éléments déterminants qui font perdre un débat.

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