Peut-on se démarquer devant Paul Arcand et à TLMEP ?

Jack Layton et Stéphanie Trudeau à Tout le monde en parle.

Cette tournée des médias de Matricule 728,

c’était une très mauvaise idée.

Sa personnalité « abrasive » a empiré

la perception négative que bien des gens

avaient déjà d’elle.

 

Paul Arcand au 98,5FM, Paul Larocque à TVA, Benoit Dutrizac au 98,5FM, Michel C. Auger à ICI Radio-Canada Première et Sylvain Bouchard au FM93 : ils sont un petit groupe d’intervieweurs à se démarquer, depuis plusieurs années, au sommet des cotes d’écoute à la radio et à la télévision.

Et n’oublions pas, dans un créneau unique, Guy A. Lepage à Tout le monde en parle.

Ce qui est paradoxal, c’est qu’un très grand nombre de décideurs et d’influenceurs de tous les milieux les écoutent assidûment, et ce, tout en évitant leurs tribunes.

Si Tout le monde en parle a eu l’effet d’une bougie d’allumage dans la campagne électorale de Jack Layton, en 2011, je pense que l’ex-policière Stéphanie Trudeau, alias Matricule 728, regrettera les retombées du carnet d’entrevues entourant la sortie de son livre…

 

Accepter ou non les entrevues corsées ? Ça dépend.

L’une des questions que je me fais le plus souvent poser par des clients, des collègues ou des étudiants est la suivante : « Faut-il accorder des entrevues à Paul Arcand et aux autres intervieweurs incisifs ? »

Contrairement à des collègues – en organisation ou en cabinet – qui répondent systématiquement par la négative, je préfère nuancer et répondre ceci :

 

Si vous avez un argumentaire solide

à faire valoir, c’est oui.

Mais si votre dossier est indéfendable,

ne soyez pas sado-maso

en acceptant d’aller

vous faire tailler en rondelles… 

 

Partons d’un fait : ce sont les entrevues « spectaculaires » que le public recherche. Et pour en obtenir, les stations de radio et de télévision ont recours à des intervieweurs chevronnés. Ceux-ci, à leur tour, font appel à des invités de qui ils extirpent la vérité… ou du moins, celle qu’ils recherchent !

 

Jack Layton : charisme et… substance

Peu importe le type d’organisation, il est excessivement rare de pouvoir s’appuyer sur un porte-parole du calibre de Jack Layton.

En plus d’être particulièrement brillant, il était devenu, en 2011 –grâce à son passage à Tout le monde en parle – celui qu’une majorité de Québécois et de Canadiens aurait aimé accueillir, chez eux, pour prendre une bière ou un café.

Aussi, et malgré sa très grande expérience, M. Layton prenait le temps nécessaire pour préparer les entrevues qu’il allait accorder.

 

Jack Layton a vulgarisé

les dossiers souvent complexes

de la politique fédérale

en misant sur sa personnalité « Bon Jack » !

 

Matricule 728 : la policière est condamnée

 

À l’autre bout du spectre, il y a une policière qui, à la suite du chaud printemps 2012 à Montréal, n’exerce plus sa profession.

Pourquoi ? Parce que plusieurs de ses propos acerbes et ses actions ont été enregistrés et filmés par des citoyens grâce à des téléphones intelligents, et diffusés abondamment dans les médias traditionnels et sociaux…

Diffuser des scènes de quelques secondes, sans permettre de voir ce qui est survenu auparavant, déforme la réalité. Malheureusement, ça suffit pour cristalliser l’opinion.

 

Stéphanie Trudeau a été

condamnée à perpétuité

… au tribunal de l’opinion publique.

 

Ce mois-ci, Mme Trudeau est allée sur différentes tribunes afin de tenter de réhabiliter sa réputation dans la sphère publique.

Mais, qui lui a donc recommandé d’écrire un livre et de se livrer en pâture aux Arcand, Lepage (et ses invités enflammés !) et autres intervieweurs chevronnés… sans oublier la radio de Québec qui en a fait ses choux gras ?

Mal préparée, Matricule 728 n’est pas parvenue à se présenter sous son meilleur jour… Encore blessée, et rancunière, elle n’était pas préparée à affronter les tirs larvés du tandem Lepage-Turcotte et de leurs invités… Voici d’ailleurs quelques-unes des citations marquantes.

 

Les Arcand, Lepage et cie 

ne font qu’une bouchée

des porte-parole mal préparés.

Mais, ils respectent ceux et celles

avec qui ils peuvent avoir

des échanges intelligents.

 

Ces entrevues qui sont regrettées…

Jour après jour, les médias regorgent de citations que les personnes ayant accordé des entrevues regrettent…

D’où vient cette imprudence ? De diverses sources, dont celles-ci :

  • le temps. Les responsables des communications travaillent à un rythme effrené au quotidien. Ceci explique (mais ne justifie pas) qu’ils prennent rarement le  temps de s’asseoir pour écrire des messages clés pour ceux et celles qui s’adresseront aux médias – y compris eux-mêmes. Et malheureusement, même lorsque les messages ont été préparés, une minorité de porte-parole se les approprient et s’assurent de ne pas déborder;
  • les urgences. Lorsque survient une crise, toutes les excuses sont bonnes – notamment l’importance à accorder à la gestion des opérations – pour faire passer la clarté des messages après tout le reste;
  • la connaissance des sujets. Il ne faut pas faire l’erreur de se dire qu’on n’a « pas de temps à perdre » à relire des notes – préparées par un communicateur qui a résumé pour ne conserver que l’essentiel – sous prétexte que l’on connait le sujet à fond. Cet exercice de concision est très utile ;
  • la pression des journalistes. Un jour, juste avant d’entrer en ondes à la télévision, l’intervieweur a suggéré à l’un de mes clients d’oublier les messages clés que je lui avais préparés, prétextant que l’entrevue serait plus naturelle. Il lui a dit : « Oubliez la cassette que votre communicateur vous a préparée ». Impressionné, mon client l’a suivi… et il s’est fait embobiné bien naïvement !

 

Il faut retenir ceci :

 

La plupart du temps,

ce ne sont pas les intervieweurs 

qu’il faut craindre.

Ce sont les personnes

qui acceptent d’accorder des entrevues

en étant peu ou pas préparés 

– moins que l’intervieweur –

alors qu’ils devraient mieux maîtriser leur sujet !

 

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