La crédibilité: une composante tombée du moteur de VW

Martin Winterkorn, PDG chez Volkswagen. 
Source : http://images.indianexpress.com/

En quelques heures seulement, une composante essentielle aux succès de Volkswagen vient de se détacher du moteur : la crédibilité.

Tombée alors que le bolide filait à vive allure, elle fut retrouvée en pièces détachées au beau milieu de la route. Il s’agit d’une perte totale.

Les clients et fans de la marque VW auraient sans doute accepté les excuses du président s’il avait été honnête dans la gestion. Mais ce n’est pas le cas : il a plutôt délibérément menti… en espérant ne jamais se faire pincer !

 

Vie personnelle et marque

Il existe un dénominateur commun entre notre vie personnelle et celle d’une marque : dès que l’on raconte un mensonge ou que l’on cache la vérité – comme vient de le faire Volkswagen – le doute s’installe.

Par exemple : lorsque le président de cette marque phare s’excuse pour avoir triché 11 millions de fois, on peut se demander si ce n’est pas plutôt 15, 20, 30 millions ou plus de voitures qui ont été trafiquées…

 

Volkswagen vient de recevoir

deux énormes coups de massue :

l’un à la Bourse, l’autre

au tribunal de l’opinion publique.

 

Dans les deux cas, les porteurs d’actions et les fidèles d’une marque sont généralement très rancuniers. Aujourd’hui, Toyota souffre encore de crises survenues dans le passé…

 

Prévisible comme… un lever de soleil !

Lorsqu’une entreprise s’embourbe dans ses mensonges, la démission du président ne change rien : le mal est fait.

Ce qui est aberrant dans ce cas-ci, c’est que cette crise de réputation était aussi prévisible qu’un lever de soleil le lendemain matin.

En effet, dans une gigantesque chaîne de production où beaucoup de gens étaient au courant du subterfuge, comment des dirigeants complices ont vraiment pu croire que cette fraude envers les consommateurs demeurerait secrète ?

 

Les concurrents seront silencieux

Il ne faut pas s’attendre à ce que les concurrents se réjouissent du malheur qui vient de frapper Volkswagen. Parce qu’eux aussi vivent sous un plafond de verre.

Aujourd’hui, aucun dirigeant d’entreprise, dans quelque domaine que ce soit, ne peut affirmer qu’aucun de ses employés n’a pas déjà pris une décision qui pourrait lui sauter au visage…

 

Et maintenant…

S’il avait été le président de VW, et pensant à sa crédibilité disparue, Gilbert Bécaud chanterait certainement ceci :

« Et maintenant, que vais-je faire
De tout ce temps que sera ma vie.
De tous ces gens qui m’indiffèrent
Maintenant que tu es partie… » 

Je crois que la direction de Volkswagen devrait maintenant miser sur un élément-clé au cours des prochains mois : la crédibilité de son réseau de points de vente.

 

Les franchisés et leurs employés sont « tatoués VW ».

Il ne faut pas leur demander de défendre l’indéfendable…

Mais, plutôt qu’ils répètent un fait aux clients :

jamais, la sécurité des véhicules n’a été mise en cause.

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