Campagne électorale

Crédit : Fred Chartrand, La Presse canadienne

Ce jeudi, Stephen Harper, Thomas Mulcair, Justin Trudeau et Élisabeth May s’affronteront dans le cadre du deuxième débat des chefs de la campagne fédérale.

Au fil du temps, les débats sur les débats sont devenus de chauds sujets de discussion autour de la machine à café au travail et dans les Tim Hortons, le lendemain matin. Les vainqueurs des débats ont le momentum pour le reste de la campagne, alors que les perdants doivent rapidement corriger le tir s’ils espèrent l’emporter.

Réfugiés dans un endroit reclus avec leur garde rapprochée, les chefs ont préparé des attaques, anticipé des répliques et travaillé leur gestuelle. Ils se sont livrés, devant caméras, à des simulations avec des stratèges qui personnifient leurs adversaires… et leurs moindres gestes sont analysés par des spécialistes de l’image et corrigés (si possible !).

Cette semaine, nous vous présentons comment les stratèges politiques préparent leur chef en marge de l’évènement le plus médiatisé de la campagne.

 

Les 5 éléments déterminants qui font perdre un débat

 

La façon de regarder la caméra

Les politiciens donnent régulièrement des points de presse, où ils sont souvent les seuls devant la caméra. La dynamique d’un débat est donc inhabituelle pour eux, doivent-ils regarder leurs adversaires ou la caméra ?

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Crédit : Agence QMI

Évidemment la réponse se trouve entre les deux. Rappelons-nous du dernier débat des chefs au fédéral, alors que Stephen Harper ignorait ses adversaires pour regarder directement – et uniquement – la caméra… Une stratégie peu payante, puisque le chef conservateur a paru mépriser ses collègues de la Chambre des communes.

 

Éviter les indigestions de statistiques

Trop vouloir montrer qu’on connaît ses enjeux sert généralement mal un candidat.

On voit souvent des candidats

fouiller dans leur cartable,

à la recherche d’une statistique « punch ».

S’ils ne la connaissent pas par cœur,

c’est une perte de temps.

Selon David Herle, l’un des artisans de la victoire de Kathleen Wynne en Ontario, l’an dernier, celui ou celle qui remporte un débat n’est pas nécessairement le chef qui a eu toutes les bonnes réponses, mais la personne qui a le plus su inspirer confiance.

L’une des responsabilités du principal stratège du candidat consiste à autoriser ce que contiendra le cahier de notes : jusqu’à quel point faut-il le « nourrir »… et quand doit-on dire « C’est assez ! »… pour éviter les « indigestions » ?

 

Ne pas assez miser sur l’authenticité

Il est important de ne pas confondre authenticité avec charisme. Les politiciens franchement charismatiques n’arrivent qu’une fois par génération… Lévesque, Bouchard, Layton. L’absence de charisme n’a pas empêché Stéphane Dion de prendre la tête du Parti libéral!

Les chefs de parti ont donc tout intérêt à miser sur les qualités qui leur ont valu leurs succès : un sourire naturellement chaleureux, un langage coloré, une crédibilité démontrée, etc.

Et puisqu’ils sont humains, ils ont aussi des défauts… dont ils aimeraient bien se débarrasser – du moins à l’écran : un tic, un caractère intempestif qui pourrait faire dérailler leurs performances, etc.

Pensons à Thomas Mulcair. Encore récemment, on le surnommait « Angry Tom » à cause de son caractère bouillant ! Toutefois, au fil de la campagne, il semble être devenu zen, au point où son sourire a été l’un des points de discussion du premier débat organisé par Maclean’s. Ce qui n’empêche pas ses adversaires d’essayer de le faire sortir de ses gonds à chaque occasion.

 

Le lutrin n’est pas un accotoir

Durant la campagne, les chefs multiplient les évènements avec le grand public et gesticulent sans arrêt. Par contre, lors d’un débat, c’est tout le contraire qui se passe : les chefs sont immobiles pendant deux heures, ce qui limite les mouvements. Obstacle de plus pour les chefs.

Dans un souci de neutralité absolue, les médias qui organisent les débats règlent plusieurs détails selon des principes immuables, dont les lutrins, qui sont tous à la même hauteur.

Le lutrin n’est pas une béquille : il faut éviter à tout prix de s’y accoter comme si on parlait à un ami au bar du coin. Malgré son expérience de débat, Gilles Duceppe a développé le mauvais réflexe de se pencher lors de ses interventions, ce qui envoie une mauvaise image au niveau du confort sur la scène.

 

S’engager sur un sujet qu’on connaît mal… ou pire : dire des demi-vérités!

La règle numéro un en politique s’applique encore plus lors d’un débat : il ne faut jamais mentir!

Évidemment, les chefs peuvent parfois être déstabilisés par des interventions musclées des adversaires. Répliquer avec des arguments non-fondés uniquement pour démontrer qu’on ne se laissera pas faire n’est pas une stratégie gagnante.

Grâce aux médias sociaux, les journalistes, blogueurs et partisans des formations politiques ont les moyens d’analyser les déclarations des chefs en temps réel, ce qui ajoute une étape supplémentaire au test de la vérité. Un mensonge, même intentionnel, et c’est la traînée de poudre qui suit l’autobus de campagne pendant des jours.

 

Ce qui est très souvent négligé : les souliers !

Lors des débats, une cravate ou un bijou peut attirer l’attention. Mais, y a t-il un seul observateur qui remarque les souliers que portent les candidats ? Poser la question, c’est y répondre.

Je recommande depuis toujours à des candidats

de porter leurs souliers de circonstance

les plus confortables. Jamais des neufs !

Je recommande aussi aux femmes de porter des souliers à talons larges. Quelle idée Pauline Marois a-t-elle eu, en 2014 de porter des talons aiguilles, sachant qu’elle serait immobile durant deux heures ?

 

Rappel : Les 5 éléments déterminants qui font gagner un débat

Source : Toronto Sun

Ce jeudi, Stephen Harper, Thomas Mulcair, Justin Trudeau et Élisabeth May s’affronteront dans le cadre du deuxième débat des chefs de la campagne fédérale.

Au fil du temps, les débats sur les débats sont devenus de chauds sujets de discussion autour de la machine à café au travail et dans les Tim Hortons, le lendemain matin. Les vainqueurs des débats ont le momentum pour le reste de la campagne, alors que les perdants doivent rapidement corriger le tir s’ils espèrent l’emporter.

Réfugiés dans un endroit reclus avec leur garde rapprochée, les chefs ont préparé des attaques, anticipé des répliques et travaillé leur gestuelle. Ils se sont livrés, devant caméras, à des simulations avec des stratèges qui personnifient leurs adversaires… et leurs moindres gestes sont analysés par des spécialistes de l’image et corrigés (si possible !).

Cette semaine, nous vous présentons comment les stratèges politiques préparent leur chef en marge de l’évènement le plus médiatisé de la campagne.

 

Les 5 éléments déterminants qui font gagner un débat

L’allure générale des candidats

Les stratèges passent beaucoup de temps à façonner une image positive pour leur chef… et c’est encore plus important à l’ère des médias sociaux et de la télé HD, où les moindres détails pourraient influencer l’opinion publique.

Le non verbal contribue énormément

à l’image de « Premier ministrable »

que l’on se forge des candidats.

Un teint santé, des cheveux bien placés, des vêtements impeccables, un ton rassurant, une prestance au lutrin, une aisance à donner et à recevoir des coups, etc. Tout est pensé pour donner à l’électeur une impression de réconfort.

 

Les premières minutes

En ouverture, chaque candidat a généralement deux minutes pour passer son principal message : le changement, la stabilité économique, etc.

C’est véritablement au cours de ces précieux moments qu’il faut créer le moment « WOW » : Wow, il est meilleur que je le pensais…  Wow, je suis sûr de mon choix… ou Wow, il me fait réfléchir.

La somme de ces interventions et les consignes de l’animateur font au plus 15 minutes, et c’est généralement après cette première portion que les cotes d’écoute chutent. D’où l’importance d’éviter les « Ouash… non merci ! »

 

La maîtrise du contenu…

Malgré tous les enjeux liés à l’apparence, le public demeure à la recherche de la personne qui fera le meilleur élu, c’est-à-dire qui gérera le mieux les enjeux de société.

Comme vous avez déjà lu dans ce blogue, la maîtrise « parfaite » d’un contenu n’existe pas. Il est préférable de viser une maîtrise idéale ! Puisque les candidats ne disposent que de quelques secondes à la fois pour présenter leurs idées, ils ne peuvent pas passer outre la préparation de leurs messages-clés pour bien vulgariser le contenu et marquer l’imaginaire des gens.

 

…Pour asséner le punch qui fait K.O.!

Comme dans un combat de boxe, on détermine le vainqueur d’un débat comme étant celui qui a le mieux fait passer ses idées, ou encore, celui qui a envoyé la phrase assassine!

Source : CBC News
Source : CBC News

Pensez au « You had a choice, sir » de Brian Mulroney, à propos des nominations partisanes du chef libéral, John Turner, pour récompenser des amis de Trudeau père. Non seulement l’affirmation était claire, mais M. Mulroney regardait son adversaire droit dans les yeux en le pointant du doigt.

Cette phrase assassine a fait trébucher M. Turner dès le début du débat, et elle a grandement contribué à l’amener dans l’opposition officielle !

 

La recherche de tous les détails, jusqu’à 19 h 55…

Généralement, les débats débutent à 20 h 00. Or, il est absolument essentiel que les recherchistes travaillent sans relâche, et ce, jusqu’au moment où leur chef quittera sa loge pour gagner le studio.

Landry Charest
Source : Le Devoir

En 2003, le Premier ministre Bernard Landry a trébuché lors d’un échange avec le chef libéral Jean Charest, lorsque celui-ci lui lança au visage une déclaration controversée de son prédécesseur, Jacques Parizeau, recueillie la journée même à Shawinigan. Or, personne dans l’entourage de M. Landry n’avait vu cette histoire passer…

 

À lire : les 5 éléments déterminants qui font perdre un débat.

Justin Trudeau en campagne électorale. Source : CBC News

Un texte signé Pierre Gince et Youssef Amane.

 

Quand l’on s’arrête pour décoder tous les efforts que font les communicateurs entourant les chefs en campagne électorale, il n’y a aucun doute :

 

Les quelques secondes que nous présentent

à tous les jours les médias traditionnels et sociaux

sont planifiées avec grand soin par des stratèges.

 

Ce n’est pas d’hier que les partis politiques sont sensibles à l’importance de l’image que diffusent les médias à leur sujet.

Le début des années 60 a été marquant avec l’arrivée au pouvoir de John-F. Kennedy, aux États-Unis, et de Jean Lesage, au Québec (pendant ce temps, le bon vieux John Diefenbaker avait l’air d’un dinosaure à la tête du Canada…).

Campagne de Jean Lesage en 1960. Source : L'Actualité
Campagne de Jean Lesage en 1960. Source : L’Actualité

Et depuis, d’une campagne fédérale, provinciale ou municipale à l’autre, tout est raffiné et ajusté, en tenant compte de la personnalité des chefs et des conditions que leur imposent – finalement ! – les principaux médias.

 

Une évolution du contenu vers l’image

Au fil du temps – particulièrement depuis l’arrivée des médias sociaux – l’axe principal des campagnes a évolué pour privilégier une couverture de presse misant davantage sur l’image que sur le contenu.

Et, sans surprise, les communicateurs des partis inondent les médias sociaux, en plus de tenter de s’insérer dans les médias traditionnels en fournissant leurs propres images.

 

Plus que jamais, à l’ère des « photo op »,

les communicateurs tentent de définir

l’image de leur patron sous leur plus beau jour !

 

Est-ce que le concours du « ma clip est meilleure que la tienne ! » contribue à diminuer le cynisme ou, au contraire, à l’amplifier ?

Jetons un œil sur l’image des quatre principaux chefs lors de cette campagne.

 

« Appelez-moi Tom ! »

Le chef du NPD, Tom Mulcair. Sources: RNC Media et CBC News.
Le chef du NPD, Tom Mulcair. Sources: RNC Media et CBC News.

 

Le défi : Présenter le chef néo-démocrate comme un homme chaleureux et compétent – loin du « Angry Tom » qui faisait rager les conservateurs comme chef de l’Opposition – et à qui nous pourrions confier les destinées du Canada, le 19 octobre prochain.

Le message verbal : Un mot : « Tom », puisqu’il mise sur le diminutif de son prénom afin de créer un lien de proximité (remarquez les messages sur les deux lutrins de M. Mulcair, selon qu’il se trouve dans une province surtout francophone ou anglophone…).

Le message non verbal : Il aime les bains de foule, mais il n’a pas l’aisance de son prédécesseur, un certain « bon Jack ».

Résultat jusqu’à présent : La recette semble fonctionner puisqu’il se démarque jusqu’à maintenant dans tous les sondages !

 

« J’ai juste envie de retourner à mon bureau ! »

Le chef conservateur, Stephen Harper. Source : CBC News
Le chef conservateur, Stephen Harper. Source : CBC News

Le défi : Survivre à l’usure du pouvoir et convaincre les Canadiens qu’il mérite un quatrième mandat.

Le message verbal : « Leadership Canada » : ces deux mots apparaissent toujours sur le lutrin devant lui. Entouré de gens qui font les « plantes vertes », il n’est jamais en relation avec des électeurs et rarement avec les militants. Il tente de démontrer qu’il se plaît en public, alors qu’il ne rêve que de retourner là où il est vraiment à l’aise : le Bureau du Premier ministre !

Le message non verbal : Qu’il le veuille ou non, il porte le poids de neuf années au pouvoir sur ses épaules… Le procès du Sénateur Duffy n’a sans doute pas aidé !

Le résultat jusqu’à présent : Le teint blême qu’il arbore depuis le début de la campagne ressemble à s’y méprendre à l’état de son sujet préféré : l’économie. Saura-t-il prendre des couleurs en deuxième moitié de campagne ?

 

« Let’s Go, on se fait du fun ! »

Le chef libéral, Justin Trudeau. Source : Toronto Sun
Le chef libéral, Justin Trudeau. Source : Toronto Sun

Le défi : Démontrer que le gars cool qui ne déteste pas la marijuana est prêt à devenir Premier ministre.

Le message verbal : « Je suis en politique pour apporter du vrai changement à la classe moyenne »… sans toutefois le définir clairement. Il est le chef qui utilise le mieux le pouvoir de l’image au détriment du contenu.

Le message non verbal : Très chaleureux, toujours aux devants des gens, il a des « photo op » qui le montrent sous son meilleur jour  (tantôt dans un ring de boxe, tantôt dans une grue… rouge libéral !). Contrairement à Stephen Harper, il a l’air plus heureux sur le terrain qu’éventuellement dans l’ancien bureau de papa…

Le résultat jusqu’à présent : Mitigé, puisque ses efforts ne se traduisent pas encore en intentions de vote. Il ne devrait pas préparer tout de suite son déménagement au 24 Sussex …

 

 

Sources : Thetelegram.com, img.src.ca, httpeditions.lapresse.ca, s-media-cache-ak0.pinimg.com, s-media-cache-ak0.pinimg.com, arc.library.carleton.ca

Depuis le début de cette campagne électorale, il est évident qu’il n’y a pas de « Harpermanie ». Ni de « Mulcairmanie » ou de « Duceppemanie ». Et encore moins de « Maymanie » !

Mais celui qui souffre le plus de l’absence d’une « manie » – c’est-à-dire d’une véritable excitation envers sa personne – c’est Justin Trudeau… puisque l’expression « Trudeaumanie »  a été créée grâce au phénomène d’attraction qu’exerçait son père !

Rappel des faits.

Le dimanche 7 avril 1968, Pierre-Elliott Trudeau remportait, au quatrième tour de scrutin, la course au leadership du Parti libéral du Canada (PLC). Il devenait du même coup premier ministre du pays, succédant à Lester B. Pearson qui, le 14 décembre 1967, avait annoncé sa démission.

C’était le début de la « Trudeaumanie » au Canada.

 

Source : www.essb.qc.ca

 

À 49 ans, Pierre-Eliott  Trudeau étaitun homme  charismatique et…  célibataire !

 À travers une foule  d’hommes politiques  ternes,

 il fut le premier à  adopter un profil de  « rock star ».

 

L’ancien ministre de la Justice sous Lester-B. Pearson – qui a légalisé le divorce et décriminalisé l’avortement et l’homosexualité – considérait que « l’État n’a rien à faire dans les chambres à coucher de la nation ».

L’histoire retient que P.E.T. (ses initiales amusaient les Cyniques et d’autres humoristes et pourfendeurs) n’a laissé personne indifférent : certains continuent de le vénérer – ce sur quoi « surfe » son fils Justin – alors que sa politique énergétique et ses positions visant à circonscrire le Québec à un rôle de simple province, notamment, ont laissé de mauvaises impressions un peu partout à travers le Canada.

Mais peu importe : la « Trudeaumanie » permet de distinguer deux facettes du Premier ministre du Canada, entre 1968 et 1984 : le politicien et l’homme.

 

Comment débute une « manie » ?

Lorsque survient une « manie », c’est la personne – homme ou femme – qui prend toute la scène.

Trudeau a été le premier homme politique au Canada à sortir des sentiers battus, à l’époque de la télé et des quotidiens en noir et blanc…

Homme coloré et hors-normes – issu d’une famille riche, il était plutôt de gauche au début de sa carrière – il adorait faire parler de lui :

  • Globe & Mail
    Source : The Globe & Mail

    il prenait le volant de sa décapotable et ses gardes du corps partaient à ses trousses !

  • il était toujours accompagné de femmes ravissantes, portant toujours une rose à sa boutonnière !
  • il a fait une pirouette devant la Reine Élisabeth… et bien d’autres choses !
  • à 52 ans, il épousa Margaret St-Clair, alors âgée de… 23 ans
  • tout comme John-F. Kennedy, il a joué à fond la carte de sa charmante famille… jusqu’à son divorce et même par la suite.

Rien de cela n’a à voir avec des projets de loi !

Source : www.archives-expopd.uqam.ca
Source : www.archives-expopd.uqam.ca

Bref, c’est un ensemble d’ingrédients – selon une recette qui n’est jamais identique – qui fait que, très rarement, naît une « manie ». Et, comme le font les grands chefs, il ne faut pas trop brasser les ingrédients… mais plutôt laisser la nature émerger !

Il y  toujours un dénominateur commun entre les « manies » : les gens se projettent dans cette personne. Ainsi, beaucoup d’hommes auraient voulu mener la vie de rock star de Trudeau… et bien des femmes souhaitaient être à son bras !

 

Une « manie », c’est un coup de foudre

d’une population envers une personnalité.

Hier, ce n’était pas le cas et

soudainement… c’est la folie !

Rappelez-vous la « Laytonmanie »…

 

Comment est née la « Laytonmanie » ?

Bien des experts s’accordent à dire que « LE » moment déclencheur de la « Laytonmanie » au Québec, en 2011, fut son passage à l’émission Tout le monde en parle.

Pourtant, ce n’était pas le premier passage du « bon Jack » sur ce plateau… Mais, ce soir-là, il y eut une décharge électrique ! Pendant le reste de la campagne, les gens se bousculaient pour pouvoir assister aux discours de l’homme à la canne !

 

Justin a beau essayer fort…

S’il y a un chef politique canadien qui s’est trouvé aux premières loges pour apprendre d’un « maître », c’est bien Justin Trudeau.

httpi.huffpost.com
Source : httpi.huffpost.com

Pourtant, il a beau essayer fort… il n’y a pas de « Justinmanie ».

Omniprésent dans les médias traditionnels – et sociaux, qui n’existaient pas au temps de son père – avec sa famille ou en faisant de la boxe, prenant des bébés dans ses bras et répétant qu’il est en politique pour aider la classe moyenne : de toute évidence, le courant ne passe pas.

Et, malgré la très longue campagne électorale, il reste très peu de temps au chef libéral et à son entourage pour parvenir à créer une « Trudeaumanie 2.0 »…

 

Aux États-Unis, en 2004…

Chez nos voisins du sud, il aura fallu un seul discours de Barack Obama, lors de la convention démocrate de 2004 – quatre avant de se lancer à l’assaut de la Maison Blanche – pour que débute une « Obamania ».

Aujourd’hui, tous ensemble, prions à genoux pour que ne naisse pas une véritable « Trumpmania »…

Sources : Ordre national du Québec, meteopolitique.com, lapresse.ca, quebec.huffingtonpost.ca, nationalpostcom.files, ici.radio-canada.ca, ctvnews.ca

Depuis l’annonce de son décès, plusieurs facettes de Jacques Parizeau ont été mises en lumière : l’économiste, l’enseignant, le visionnaire, le haut fonctionnaire, l’homme d’état, le chef de parti, le militant, etc.

J’ai envie d’ajouter ma plume au concert d’hommages.

 

          « Monsieur » aura été

          le meilleur communicateur politique

          du Québec moderne.

 

Voici pourquoi :

 

« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement. Et les mots pour le dire arrivent aisément. »

L’adage de Boileau sied à merveille à M. Parizeau.

 

Non seulement parlait-il un français impeccable, mais il se distinguait avec la même aisance dans la langue de Shakespeare… accent british en plus ! Ceci est exceptionnel.

Une fois son objectif politique pour le Québec bien défini, M. Parizeau aura passé toute sa vie à en faire la promotion. Sans détours.

 

Pédagogue un jour…

Ces derniers jours, l’ancien chef d’Option nationale, Jean-Martin Aussant, racontait qu’il a eu l’occasion, au cours des derniers mois, de partager une table avec des gens venus de différents univers et « Monsieur ». Celui-ci s’est présenté ainsi : « Jacques Parizeau, enseignant ». C’est tout dire !

Le moins que l’on puisse dire, c’est que M. Parizeau aura été conséquent dans son approche pédagogique ! Et ce, tant avec ses étudiants qu’avec le grand public.

Le voici ici en 1973, à titre de candidat du PQ, crever l’écran à la télévision en démystifiant le budget du Québec.

 

 

Pour ce qui est de la présentation des budgets du gouvernement Lévesque, elle était toujours qualifiée de « spectaculaire »… même par ses adversaires !

 

          Parizeau utilisait en politique,

          les mêmes trucs avec lesquels,

          dans des nuages de fumée de Players,

          il impressionnait ses étudiants à HEC :

          faits, clarté et images.

 

« Comment dirais-je… »

Très conscient de l’attention dont il faisait continuellement l’objet – que ce soit avant, pendant ou après sa carrière politique – « Monsieur » maîtrisait à merveille, le rythme de ses déclarations.

Ainsi, il pouvait débiter ses propos avec vigueur, puis s’arrêter brusquement en disant : « Comment dirais-je… ». Il glissait alors, très doucement et en maniant à merveille les silences, l’essentiel de son propos.

Le résultat recherché était toujours atteint : M. Parizeau captait alors l’attention de ses différents publics… et faisait souvent ainsi la manchette dans les médias !

 

          À l’occasion, M. Parizeau surprenait

          en utilisant une expression de son cru,

          dont celle-ci : l’autopeluredebananisation.

 

C’est ce que rappelle le chroniqueur Simon Jodoin dans la plus récente édition de Voir.

 

Les meilleurs s’entourent… des meilleurs !

On raconte que M. Parizeau écrivait lui-même les discours de ses budgets. En fait, il est possible de croire que son équipe lui soumettait des projets de textes et qu’il y mettait sa touche.

Chose certaine, « Monsieur » s’est toujours entouré d’excellents stratèges et de communicateurs qui, avec un grand doigté, parvenaient à le faire réfléchir et parfois même à prendre des décisions contraires à celles envisagées – ce qui n’est pas peu dire, quand l’on travaille dans l’entourage d’un pareil personnage…

 

Si « Monsieur » pouvait trouver du temps pour se préparer…

Les lecteurs assidus de ce blogue connaissent ma « saine obsession » pour la préparation des interventions publiques.

Or, M. Parizeau était particulièrement sensible à la préparation de chacune de ses interventions. L’un de ses anciens adjoints m’a raconté qu’il réservait dans son agenda pourtant chargé, du temps pour préparer ses rencontres avec les journalistes des hebdomadaires de sa circonscription de L’Assomption.

Alors que d’autres élus improvisaient, « Monsieur » recourait à sa formule à succès : faits, clarté et images !

 

Viser la raison pour… toucher le coeur

C’est un fait : les charismatiques chefs René Lévesque, Lucien Bouchard et Jack Layton ont été très aimés, alors que le cérébral Jacques Parizeau aura été, de son vivant, respecté des Québécois.

Mais, force est de constater que, depuis quelques jours, les Québécois ont manifesté beaucoup d’affection à « Monsieur » !

carey-price
À l’ère où les marques, les organisations et les personnalités accordent une importance grandissante à leur image, il est important de démêler ce qui est souvent confondu : la réputation, la crédibilité, le charisme et le capital de sympathie.
Aujourd’hui, je souhaite attirer votre attention sur le capital de sympathie, ainsi défini dans le Vocabulaire des relations publiques de la Faculté de l’Éducation permanente de l’Université de Montréal :

« un sentiment d’appréciation partagé par les membres d’une communauté donnée (employés d’une organisation, citoyens d’une ville, etc.) qui résulte des efforts soutenus et à long terme d’une organisation pour bâtir et entretenir des relations de confiance avec ses publics internes et externes. Ce sentiment d’appréciation – voire de complicité – peut aider une organisation à mieux manœuvrer face à ses concurrents et à traverser des périodes difficiles et même des crises. »

J’ajoute à cette définition que le capital de sympathie s’applique tout autant aux marques des organisations qu’aux personnalités.

Puisque le terme « capital de sympathie » est souvent confondu avec « crédibilité », « réputation » et « charisme », voici une façon simple de les distinguer à partir du point de vue des publics :

  • capital de sympathie : « J’aime (j’apprécie) cette organisation, cette personnalité »
  • réputation : « J’admire (j’estime) cette organisation, cette personnalité »
  • crédibilité : « J’ai confiance en (je crois) cette organisation, cette personnalité
  • charisme : « Je suis impressionné par le pouvoir de séduction de cette personne » (qui, souvent, ne recherche pas cet effet. Rappelons-nous Jean Béliveau)

La stabilité est recherchée, pas les montagnes russes…

Carey Price, Philippe Couillard, Apple et SNC-Lavalin, sans oublier Joël Legendre, Céline Dion et Gaétan Barrette : l’actualité nous entretient toujours simultanément de quelques dizaines de personnalités, d’organisations et de marques envers lesquelles nous avons une ou… quelques opinions. Plus ou moins favorables. Et elles fluctuent, souvent assez rapidement.

C’est la somme des impacts plus ou moins favorables qui constitue le capital de sympathie.

Un capital de sympathie, c’est comme des actions à la bourse : les mouvements aussi rapides que spectaculaires sont fréquents!

Au Québec, le plus récent exemple de cette fluctuation a pour nom Joël Legendre. Très populaire auprès de son public et donnant l’impression que tout lui réussissait, il est tombé aussi rapidement que d’un précipice…

Dans un tout autre registre, il y a le Cardinal Jean-Claude Turcotte qui, apprenions-nous il y a quelques jours, est en phase terminale.

Pour beaucoup de Montréalais de plus de 50 ans, Jean-Claude Turcotte aura été « leur » Cardinal. Longtemps Archevêque de Montréal, ce colosse doté d’une voix qui porte démontrait une grande sensibilité aux gens, et en particulier aux pauvres. Il avait aussi un sourire espiègle qui en a fait une personnalité très attachante que les médias s’arrachaient !

D’ailleurs, depuis son retrait de la vie publique, qui pourrait nommer son successeur ?

Malheureusement, je ne suis pas parvenu à retrouver une magnifique photo de lui qui fut publiée il y a quelques années dans Le Devoir : on le voyait portant son col romain et un veston noir ouvert. En dessous, il portait… un chandail du Canadien !

Un capital de sympathie, « qu’ossa donne » ?

Pour paraphraser le célèbre humoriste Yvon Deschamps à propos des « unions » (les syndicats) : un capital de sympathie, « qu’ossa donne » ?

Carey Price est un jeune homme authentique qui est passé très rapidement de son petit village à la vie trépidante de Montréal. Une grande adaptation s’imposait, lui qui a dû apprendre à aller à l’épicerie sans se sentir envahi par ses fans !

Carey Price assume maintenant son statut de personnalité publique dans le marché fou du hockey !

Le numéro 31 est à la fois un athlète exceptionnel et un citoyen engagé dans sa communauté. Fréquemment, on le voit se faire bombarder de rondelles que lui lancent des enfants qui vivent des situations difficiles, et ce, avec bonhommie.

C’est arrivé il y a encore quelques jours, en appui au Club des petits déjeuners et avec la collaboration de la Fondation Air-Canada…

La question se pose : pourquoi Carey Price et plusieurs de ses coéquipiers se rendent disponibles auprès de leur public ?

Voici une réponse toute simple… et candide : parce qu’un capital de sympathie, c’est le côté gratifiant qu’un compte de banque bien garni ne peut pas combler !

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À quelques heures du scrutin, « Gagner la journée » vous dévoile son bilan médiatique de la campagne.

Vous trouverez dans notre bilan des détails complets sur les enjeux qui ont façonné les jours de la campagne 2014 ainsi que plusieurs données précises sur la couverture médiatique de chacun des partis.

 

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Pour télécharger le bilan complet de la campagne électorale : Bilan_campagne_Québec_2014 

 

Faits saillants : 

 

  • Le Parti québécois a gagné 8 journées et 3 fins de semaine
  • Le Parti libéral a gagné 7 journées et 1 fin de semaine
  • La Coalition avenir Québec a gagné 6 journées
  • Québec solidaire a gagné 1 journée
  • Le PQ et le PLQ ont fait match nul 2 journées

 

  • À partir du 1er débat, donc durant la seconde moitié de la campagne, le Parti québécois a gagné à deux occasions, soit la fin de semaine du 29-30 mars (jours 25 et 26) et le jour 30.

 

  • Si le Parti québécois a gagné autant de journées durant la première moitié de campagne, c’est en raison de la visibilité médiatique plus importante que le parti a obtenu par rapport aux trois autres partis (grâce à son statut de gouvernement sortant).

 

  • D’ailleurs, tout au long de la campagne, le PQ faisait l’objet de la première nouvelle dans 46 % des bulletins d’information, des unes des quotidiens et des sites Web que nous avons analysés.

 

  • En comparaison, Québec solidaire faisait l’objet de la première nouvelle dans 5 % des bulletins d’information, des unes des quotidiens et des sites Web que nous avons analysés. C’est Le Devoir qui a consacré davantage d’espace sur sa une à QS.

 

  • Durant la seconde moitié de campagne, la CAQ et le PLQ sont les partis qui ont gagné le plus de journées. La CAQ n’a gagné aucune journée avant le 1er débat (jour 16).

 

  • Le Parti libéral a surtout gagné des journées à la suite de sondages qui le positionnait en avance dans les intentions de vote.

 

  • Québec solidaire a gagné la journée du 2e débat (jour 23) alors que Françoise David avait dévoilé ses actifs et ses revenus. C’est la seule journée que Québec solidaire a gagné.

 

  • Québec solidaire a connu l’une de ses meilleures journées de campagne lors de l’annonce de la candidature de PKP. Le parti avait donné la réponse la plus mordante. Françoise David disait alors qu’elle refuserait une banquette à l’Assemblée nationale à côté de ce patron.

 

  • La Presse est le quotidien qui s’est le plus intéressé à Pierre Karl Péladeau sur sa une. À quatre reprises durant la campagne, l’ex-PDG de Québecor s’est retrouvé sur la première page du quotidien de la rue St-Jacques.

 

  • Au lendemain du 1er débat (Radio-Canada et Télé-Québec), le journal Métro Montréal est le seul quotidien à ne pas avoir affiché sur sa une la photo de groupe des 4 chefs. Le Métro a préféré une photo de Pauline Marois uniquement.

 

  • Le PQ a toujours dominé les parts de voix des 4 principaux partis politiques sur les médias sociaux.

 

  • Les pointes de discussions sur le PQ ont été enregistrées lors de l’annonce de la candidature de PKP,  lors des deux débats ainsi que lors de la diffusion du reportage d’Alain Gravel à propos de l’affaire Blanchet.

 

  • La Charte est l’enjeu qui a accumulé le plus de discussions sur les médias sociaux

 

Gagnerlajournée.com est un outil de mesure qui détermine à tous les jours, les performances du PQ, du PLQ, de la CAQ et de QS dans les principaux médias traditionnels et les sites web d’information du Québec, de même que sur Twitter et Facebook. Partenariat de DIRECTION Communications et de Substances stratégies. Principales sources : Cision, Cedrom-SNI et Radian6.

Pour en savoir plus sur notre outil d’analyse

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À cause de la manifestation à Montréal, les élections ont été reléguées au second plan. Philippe Couillard a manifesté sa confiance aujourd’hui…

Sa ligne était : « Vous n’avez pas idée du nombre de personnes qui m’ont interpellé pour me dire qu’ils n’en peuvent plus. Tellement que je pense qu’ils ont commencé à mettre le bouton à off ». En se positionnement comme le prochain PM, le chef du PLQ s’est dit tout aussi dégoûté de la boue lancée durant cette campagne que l’ensemble des Québécois.

Certainement influencés par le sondage Ipsos/CTV, qui prévoit une victoire du PLQ, Pauline Marois et François Legault ont frappé sur le clou – l’économie – affirmant que le Québec risquait une décote si les libéraux sont élus.

L’appui de l’éditorialiste de La Presse, André Pratte, au PLQ a fait jaser sur Twitter.  

 

Chaque résultat représente une note sur 100 %. 

 

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Sans surprise, c’est l’exclusivité d’Alain Gravel qui a monopolisé l’attention des médias. Difficile journée pour le PQ…

Alors que la chef du PQ a parlé de vengeance politique de la part d’adversaires anonymes, les positions de ses adversaires ont varié. Philippe Couillard est parvenu à capsuler une courte réaction à ce sujet tout en gardant le cap sur son plan de match de la journée. 

François Legault a donné le bénéfice du doute au couple Marois-Blanchet. Quant au tandem de Québec solidaire, il s’est dit inquiet qu’encore plus de cynisme éloigne les électeurs des urnes.

Sur les médias sociaux, l’affaire Blanchet et le sondage commandé par The Gazette font jaser.

 

Chaque résultat représente une note sur 100 %. 

 

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Alors que le vote par anticipation a débuté, la Charte est revenue au coeur des préoccupations des trois principaux partis.

Pauline Marois a continué de poser des questions insistantes au chef du PLQ. Et Philipe Couillard a passé les deux derniers jours à dire qu’il ne répondrait plus aux questions de ses adversaires, sans toutefois parvenir à reprendre l’offensive du moins dans l’actualité.

Pour sa part, François Legault s’est dit motivé par sa performance au dernier débat, affirmant même que le vent était en train de tourner en faveur d’un gouvernement majoritaire de la CAQ. Optimisme, quand tu nous guides !

 

Chaque résultat représente une note sur 100 %. 

 

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