Capital de sympathie = valeur ajoutée pour Carey Price?

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À l’ère où les marques, les organisations et les personnalités accordent une importance grandissante à leur image, il est important de démêler ce qui est souvent confondu : la réputation, la crédibilité, le charisme et le capital de sympathie.
Aujourd’hui, je souhaite attirer votre attention sur le capital de sympathie, ainsi défini dans le Vocabulaire des relations publiques de la Faculté de l’Éducation permanente de l’Université de Montréal :

« un sentiment d’appréciation partagé par les membres d’une communauté donnée (employés d’une organisation, citoyens d’une ville, etc.) qui résulte des efforts soutenus et à long terme d’une organisation pour bâtir et entretenir des relations de confiance avec ses publics internes et externes. Ce sentiment d’appréciation – voire de complicité – peut aider une organisation à mieux manœuvrer face à ses concurrents et à traverser des périodes difficiles et même des crises. »

J’ajoute à cette définition que le capital de sympathie s’applique tout autant aux marques des organisations qu’aux personnalités.

Puisque le terme « capital de sympathie » est souvent confondu avec « crédibilité », « réputation » et « charisme », voici une façon simple de les distinguer à partir du point de vue des publics :

  • capital de sympathie : « J’aime (j’apprécie) cette organisation, cette personnalité »
  • réputation : « J’admire (j’estime) cette organisation, cette personnalité »
  • crédibilité : « J’ai confiance en (je crois) cette organisation, cette personnalité
  • charisme : « Je suis impressionné par le pouvoir de séduction de cette personne » (qui, souvent, ne recherche pas cet effet. Rappelons-nous Jean Béliveau)

La stabilité est recherchée, pas les montagnes russes…

Carey Price, Philippe Couillard, Apple et SNC-Lavalin, sans oublier Joël Legendre, Céline Dion et Gaétan Barrette : l’actualité nous entretient toujours simultanément de quelques dizaines de personnalités, d’organisations et de marques envers lesquelles nous avons une ou… quelques opinions. Plus ou moins favorables. Et elles fluctuent, souvent assez rapidement.

C’est la somme des impacts plus ou moins favorables qui constitue le capital de sympathie.

Un capital de sympathie, c’est comme des actions à la bourse : les mouvements aussi rapides que spectaculaires sont fréquents!

Au Québec, le plus récent exemple de cette fluctuation a pour nom Joël Legendre. Très populaire auprès de son public et donnant l’impression que tout lui réussissait, il est tombé aussi rapidement que d’un précipice…

Dans un tout autre registre, il y a le Cardinal Jean-Claude Turcotte qui, apprenions-nous il y a quelques jours, est en phase terminale.

Pour beaucoup de Montréalais de plus de 50 ans, Jean-Claude Turcotte aura été « leur » Cardinal. Longtemps Archevêque de Montréal, ce colosse doté d’une voix qui porte démontrait une grande sensibilité aux gens, et en particulier aux pauvres. Il avait aussi un sourire espiègle qui en a fait une personnalité très attachante que les médias s’arrachaient !

D’ailleurs, depuis son retrait de la vie publique, qui pourrait nommer son successeur ?

Malheureusement, je ne suis pas parvenu à retrouver une magnifique photo de lui qui fut publiée il y a quelques années dans Le Devoir : on le voyait portant son col romain et un veston noir ouvert. En dessous, il portait… un chandail du Canadien !

Un capital de sympathie, « qu’ossa donne » ?

Pour paraphraser le célèbre humoriste Yvon Deschamps à propos des « unions » (les syndicats) : un capital de sympathie, « qu’ossa donne » ?

Carey Price est un jeune homme authentique qui est passé très rapidement de son petit village à la vie trépidante de Montréal. Une grande adaptation s’imposait, lui qui a dû apprendre à aller à l’épicerie sans se sentir envahi par ses fans !

Carey Price assume maintenant son statut de personnalité publique dans le marché fou du hockey !

Le numéro 31 est à la fois un athlète exceptionnel et un citoyen engagé dans sa communauté. Fréquemment, on le voit se faire bombarder de rondelles que lui lancent des enfants qui vivent des situations difficiles, et ce, avec bonhommie.

C’est arrivé il y a encore quelques jours, en appui au Club des petits déjeuners et avec la collaboration de la Fondation Air-Canada…

La question se pose : pourquoi Carey Price et plusieurs de ses coéquipiers se rendent disponibles auprès de leur public ?

Voici une réponse toute simple… et candide : parce qu’un capital de sympathie, c’est le côté gratifiant qu’un compte de banque bien garni ne peut pas combler !

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