À LA UNE

Source: lapresse.ca

Si, aujourd’hui, vous rentrez de vacances après une pause salutaire de l’actualité, vous vous demandez probablement qui est cet Anthony Scaramucci dont parlent les médias.

Anthony qui ?

Anthony Scaramucci. Financier de Wall Street, il a vendu l’an dernier sa firme de placements qui cumulait des actifs de 11,4 milliards US dans le but avoué d’occuper un poste clé au sein de l’administration Trump.

LE PRINCIPAL ATOUT DE SCARAMUCCI: VOULOIR DÉFENDRE LE PRÉSIDENT TRUMP. SON EXPERTISE EN RELATIONS PUBLIQUES: NULLE.

En l’espace de dix jours, il fut, tour à tour, directeur des communications de la Maison-Blanche et… chômeur !

L’éloquence ne transforme personne en professionnel des relations publiques !

En janvier dernier, à quelques heures de l’entrée en fonction de l’Oncle Donald, Scaramucci participait, à titre de membre de l’équipe Trump, au Forum économique mondial de Davos. Il y a animé un atelier portant sur les perspectives américaines.

Selon le chroniqueur Jean-Philippe Décarie, de La Presse, Scramucci « avait expliqué et défendu avec courage et éloquence le programme du président désigné. (…) J’avais même été fasciné par ce personnage aux origines modestes, vêtu d’un costume à 20 000 $. (…) qui discourait de tous les grands enjeux de la présidence avec une perspective historique solide et une vision conséquente. (…) Scaramucci voulait donc rassurer son auditoire sur le programme de Donald Trump en adoucissant tous les aspects cassants et brouillons qu’avait distillés le candidat républicain durant la campagne électorale ».

Et puis hop ! En juillet, alors que le diable est aux vaches à la Maison-Blanche, Donald Trump fait rouler quelques têtes et place Scaramucci dans une fonction très stratégique, qui demande une véritable expertise en relations publiques et un doigté au-dessus de la moyenne.

Son arrivée en fonction fut des plus spectaculaires. Tel un éléphant dans un magasin de porcelaine, il agrippa le lutrin de la salle de presse de la Maison-Blanche, déterminé à mettre de l’ordre dans la maison où – selon son patron vénéré et lui – les journalistes en mènent trop large et où trop de fuites alimentent les « méchants journalistes ».

Sa première déclaration ?

« I WANT TO F*CKING KILL ALL THE LEAKERS »

À peine quelques heures plus tard, son supérieur hiérarchique – le directeur de cabinet Reince Priebus – levait les feutres. Et je n’ose pas écrire le commentaire à connotation sexuelle qu’il a fait à propos de son collègue Steve Bannon…

Chose certaine : aussi éloquent que puisse être Scaramucci lorsqu’il se lève du bon côté du lit, il a rapidement fait la preuve qu’il ne possède ni l’expertise ni les qualités essentielles recherchées chez les professionnels des relations publiques. C’est ce qui a sans doute incité le nouveau directeur de cabinet, John Kelly, à le virer… le jour même de son entrée en fonction !

Heureusement…

Après avoir cherché parmi ma confrérie et dans le Québec inc., j’ai une excellente nouvelle à vous partager :

AUCUN ANTHONY SCARAMUCCI N’OCCUPE DE FONCTIONS CLÉS CHEZ NOUS.

Pourquoi ? Tout simplement parce que le respect des personnes et des institutions y est fondamental. Beaucoup plus qu’au pays de l’Oncle Donald.

Tant au Québec qu’au Canada, les candidatures pour les postes de porte-parole sont analysées avec grand soin. Malgré cela, il arrive parfois qu’il y ait erreur sur la personne – et les départs surviennent alors rapidement (j’ai en tête un porte-parole qui a été évincé parce qu’aussi beau parleur qu’incompétent…).

Dans le « cas Scaramucci » – parce qu’il s’agit assurément d’un cas qui sera étudié dans les universités ! – il a vu sa cote aux yeux de son patron passer de « très élevée » à… « nulle »… en quelques jours.

Finalement, il y a une bonne nouvelle dans tout cela : nos patrons et clients savent faire la différence entre la véritable contribution des professionnels des relations publiques et de tels spectacles !

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