Ah ! Ces influenceurs… Influencent-ils vraiment?

BANNIÈRE

Intégrer des influenceurs à une stratégie de relations de presse est devenu un automatisme.

Mais, comme c’est le cas lorsqu’il est question d’approcher les journalistes, les animateurs et les recherchistes dans les médias traditionnels, il y a du meilleur et du pire… D’un côté, on retrouve de véritables experts qui travaillent de façon professionnelle et, de l’autre, des gens qui ne rêvent qu’au vedettariat instantané et qui n’apportent aucune valeur ajoutée aux marques.

Entrevue avec Caroline Cormier, présidente de Plik.co

CORMIER

Q : Caroline, depuis quand t’intéresses-tu au marketing d’influence et pourquoi ?

R : C’est depuis 2010, alors que j’avais identifié un besoin. Déjà, à cette époque-là, on assistait à la montée en popularité des blogueurs et youtubeurs qui avaient toutes sortes de choses à dire. Des gestionnaires de marques ont commencé à me demander de les aider à mesurer leur influence; c’est ainsi qu’est né Plik.co.

Q : Ya-t-il un dénominateur commun entre ce qui se passait à cette époque-là et aujourd’hui ?

R : Oui, absolument. Même si 2010 est déjà très loin derrière nous, il y a une chose qui est demeurée la même aujourd’hui : c’est la raison d’être qui motive à écrire des blogues ou à créer des capsules web.

Je la résumerais en trois mots : créer, inspirer et consommer.

Il y a des gens qui sont adorables dans leur façon de nous partager leur passion pour l’automobile, les voyages, la bouffe ou une autre passion. C’est au cœur de leur vie, on le sent bien ! C’est ce qui les motive à créer du contenu de qualité dans le but d’inspirer les autres.

Et il y en a d’autres – dont le nombre est en montée fulgurante – qui ont perçu un filon pour devenir des gens connus et influents. Du moins, le croient-ils. Ils et elles sont souvent obsédés par la consommation.

LES INFLUENCEURS QUI PERCENT ET QUI VONT SURVIVRE AUX MODES SONT CEUX ET CELLES QUI ONT VRAIMENT DU CONTENU DE QUALITÉ À PARTAGER.

Q : En 2017, existe-t-il encore des blogueurs et youtubeurs qui communiquent, d’abord et avant tout, pour partager leur passion ?

R : Oh ! Oui ! Il y a encore – heureusement ! – beaucoup de gens qui créent du contenu avant de démontrer un but avoué de faire de l’argent. J’en découvre tous les jours. Leur motivation, c’est de créer et de partager du contenu pour informer et pour aider. On pourrait en regrouper une minorité dans l’économie de partage et une majorité qui rêve de vivre de leur passion dans les médias sociaux.

Q : As-tu des exemples de blogueurs qui sont de véritables professionnels ?

R : Je pense spontanément à Jean-Michel Dufaux, qui publie siegehublot.com. Sa motivation est claire : plus qu’un carnet voyage, c’est une destination en soi.

J’aime bien aussi Nathalie Côté, qui publie Économie & cie. Son site est très utile. On voit qu’elle prend place dans l’espace public grâce à une saine motivation.

Q : En as-tu contre ceux et celles qui monétisent leur contenu ?

R : Non, pas du tout. Mais je déplore que, trop souvent, des gens qui ont un contenu médiocre et une influence souvent insignifiante se positionnent comme de véritables influenceurs… alors qu’ils n’influencent pas grand monde !

Pourtant, ces gens rayonnent comme s’ils et elles avaient de l’influence, et il y a des marques qui se font avoir en tombant sous leur charme et en sortant leur chéquier…

Q : Tu dois bien avoir des exemples en tête ?

R : Évidemment ! Mais je vais laisser tes lecteurs les trouver. Sinon, il me fera plaisir de les appuyer.

Q : À travers tout ce qui se dit et s’écrit dans les médias sociaux, comment isoler les gens d’influence des autres ?

R : En se posant une question toute simple : apprend-on vraiment quelque chose en lisant ou en écoutant telle ou telle personne ?

Par exemple : je n’en reviens pas de voir à quel point, en 2017, des informations de base à propos des cosmétiques – et qui sont connues depuis la nuit des temps ! – nous sont servies avec une nouvelle sauce mielleuse comme s’il s’agissait d’une grande découverte…

LES GESTIONNAIRES DE MARQUES DOIVENT ÊTRE PRUDENTS DANS LEURS ASSOCIATIONS À DES BLOGUEURS ET DES YOUTUBEURS: PARTAGENT-ILS LES MÊMES VALEURS, UNE MÊME ÉTHIQUE?

Q : Peux-tu nous parler de Plik.co et de sa valeur ajoutée auprès des gestionnaires de marques ?

R : Plik.co est une entreprise dont la raison d’être consiste à trouver et à analyser les influenceurs et les youtubers qui pourront générer le plus d’interactions favorables pour les marques. Nous sommes « LE » répertoire des influenceurs numériques au Canada qui offre la possibilité de naviguer dans une base de données étendue de blogues, pages Facebook, chaînes YouTube et de baladodiffusions organisés par catégories et centres d’intérêts.

Nos clients sont à la fois des gestionnaires de marques dans les organisations et ceux et celles qui en sont responsables dans les agences de relations publiques et de publicité.

Le principe est le même que lorsqu’il est question d’établir des stratégies de relations de presse dans les médias traditionnels : accorde-t-on une entrevue exclusive à Paul Arcand ou à Tout le monde en parle, ou est-il préférable de créer un carnet d’entrevues dans différents médias dont l’auditoire et le lectorat seront moins importants – mais la somme de tout cela sera préférable ?

Q : Et la réponse est…

R : La réponse est différente d’une situation à l’autre.

À toutes les semaines, j’observe que des marques ont créé des partenariats avec des vedettes du web – certainement à fort coût. Avec nos outils d’analyse, je peux connaître leur influence véritable auprès du public visé et tout ce qui a été écrit ou dit à propos de tel ou tel produit.

DE PLUS EN PLUS, LES GESTIONNAIRES DE MARQUES PRIVILÉGIENT L’ENGAGEMENT PLUTÔT QUE LE VEDETTARIAT.

Sauf exceptions, les résultats sont bien loin de ce que des lancements de produits ou de services, ou le cheminement d’idées, auraient dû apporter comme rayonnement aux marques. Heureusement, il y a de plus en plus de gestionnaires qui privilégient l’engagement plutôt que le vedettariat.

Q : Concrètement, comment appuies-tu les gestionnaires de marques ?

R : De trois façons en particulier.

D’une part, je recommande les blogueurs et youtubeurs qui, aujourd’hui, sont les mieux placés pour faire valoir une marque et les messages clés qui ont été identifiés par ses gestionnaires. Attention : ce ne sont pas nécessairement les vedettes les plus connues… mais ceux et celles qui pourraient procurer le meilleur rapport qualité-prix et qui semblent partager les mêmes valeurs, un même sens de l’éthique.

D’autre part, je leur fais connaître les vedettes montantes, soit ceux et celles qui ne sont pas encore très connus mais qui ont un lien naturel avec les attributs de la marque.

Aussi – et on le fait de plus en plus – nous analysons à la fois la marque de notre entreprise cliente et aussi ses concurrents, afin de déceler les meilleures pratiques et… des failles !

Q : En terminant : pourquoi les gestionnaires de marques font-ils affaire avec Plik.co alors qu’ils ont accès à beaucoup d’outils à peu de frais ou même gratuits ?

R : À la fois pour notre banque de données qui est unique, notre expertise et notre recul. Nos clients réalisent rapidement qu’ils sont gagnants à confier des mandats à des spécialistes à l’externe, notamment parce qu’ils économisent du temps précieux et que nos innombrables données sont mise à jour quotidiennement.

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